|

Agressions sexuelles: Briser le silence!

Par Thomas Gallenne

Pourquoi les personnes ayant subies des agressions sexuelles gardent-elles le silence?

Sortir de son isolement, ce n’est pas toujours aussi facile. Parler d’une situation d’agression sexuelle est souvent délicat. Et pour une personne qui reçoit une telle confidence, il peut être aussi difficile de comprendre pourquoi elle a gardé le silence pendant aussi longtemps. Plusieurs raisons favorisent le silence sur ces gestes inacceptables: la crainte de l’agresseur, la peur des conséquences, l’impression d’être seule à vivre cette situation, la peur d’être jugé, le sentiment de culpabilité et de honte face à ce qui est arrivé, la crainte des commentaires désobligeants de l’entourage, la peur de ne pas être cru, les sentiments parfois confus à l’égard de l’agresseur, la peur de perturber la vie des proches,…

Alors on fait quoi?

Décider de parler d’une agression n’est pas une décision facile. L’agression sexuelle est un crime qui se produit et qui risque de se reproduire en raison du silence. Les violences sexuelles sont encore bien nombreuses et démontrent bien l’inégalité présente entre les hommes et les femmes. C’est un sérieux problème de société et non individuel. Cependant, il semble trop souvent reposer sur le dos de la victime… alors qu’on parle rarement de la responsabilité réelle des agresseurs. Tout le monde peut jouer un rôle important et déterminant quand le sujet parvient à nos oreilles, qu’on se le dise!

Les réactions de l’entourage sont-elles cruciales dans ce processus?

 

Lorsqu’une personne décide de reprendre du pouvoir sur sa vie et qu’elle brise le silence entourant ce secret néfaste, les réactions aidantes de l’entourage seront gagnantes, même déterminantes. Une femme qui ose dénoncer ce qu’elle a vécu, a besoin d’être crue, de ne pas être jugée, d’être écoutée, validée dans ses émotions, etc. Malheureu- sement, on entend encore trop souvent des préjugés quand celle-ci dévoile son vécu d’agression: «Ben là, pourquoi elle a attendu aussi longtemps avant d’en parler!»; «Elle exagère dont bien, ce sont des histoires du passé!», « Elle capote, qu’elle en revienne!». Et j’en passe! Il est facile de juger rapidement d’une situation ou d’une confidence. Dites- vous bien que si cette personne a choisit de vous en parler, c’est qu’elle vous fait suffisamment confiance et espère recevoir une réponse compatissante à sa douleur. Les mythes et les préjugés sur les agressions sexuelles favorisent un climat de tolérance de la société. Une réponse automatique est parfois trop facile: Pourquoi n’a-t-elle pas déposé une plainte à la police? Bien entendu, il est souhaitable que tous les crimes soient dénoncés à la police, mais ce n’est pas une solution miracle pour permettre aux victimes d’aller mieux. Les femmes ne sont pas toujours prêtes à entrer dans ce processus et il est important de respecter leurs rythmes.

Et après? Est-ce possible de s’en sortir?

Une agression sexuelle est une expérience difficile et n’enlève rien des forces et des ressources à la personne qui a subi ces gestes. Avec l’aide, le soutien, le respect des gens qui l’aiment et qui l’entourent, elle retrouvera son énergie, son bien-être et son pouvoir. Il est important de comprendre que les conséquences changent avec le temps et sont différentes pour chaque personne.

Si vous avez besoin d’aide n’hésitez pas à communiquer avec nous au 819 326-8484 1 866 915-8484 ou au www.lelan.org

****

Définition

Une agression sexuelle, c’est tout geste ou parole à connotation sexuelle non désiré. C’est un geste grave qui a des répercussions.

L’agression à caractère sexuel est définie comme un acte de domination, d’humiliation, de violence et d’abus de pouvoir, principalement commis par des hommes envers les femmes et les enfants. Cet acte s’inscrit comme une forme de contrôle social en tentant de maintenir les femmes dans la peur et dans des rapports de force inégaux.

«Agresser sexuellement, c’est imposer des attitudes, des paroles, des gestes à connotation sexuelle contre la volonté ou malgré l’absence de consentement de la personne, et ce, en utilisant le chantage, l’intimidation, la manipulation, la menace, les privilèges, les récompenses, la violence physique, psychologique ou verbale.»

 

NOUVELLES SUGGÉRÉES

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site est protégé par reCAPTCHA et les politiques de confidentialité et conditions de service de Google s'appliquent.