Casseroles et autres instruments…

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Je viens à peine d’apprendre que Claude Legault avait fait des excuses publiques en mars pour avoir «incité les manifestants à la violence». Quelle ne fut pas ma stupeur de lire que la police avait appelé ledit Legault pour se renseigner sur ses propos !

patrice llavador

La police a appelé cet homme public pour savoir s’il avait bien dit ça, que les étudiants avaient le droit de mettre les autos à l’envers. Et le pauvre Legault s’en est piteusement excusé. Attendez, on est où là, chez Staline, Franco ou Pinochet? Bon! On a du pain sur la planche, mais surtout la police, qui va devoir aller à la Grande Bibliothèque, pour vérifier tout ce qui a été dit et écrit sur la violence. Tout ce qui a été sous entendu, décrit, commenté, narré, sur la violence. J’avoue que j’ai du mal à croire que la police s’est livrée à cette mascarade. Ah! La violence, ce consensus mou, très mou sur le rejet de la violence. Alors personne désormais ne peut plus donner un avis, plus qu’un avis, une métaphore sur la violence, sans que ses propos soient filtrés par les garants de la bienséance. Et si la police avait le monopole du bon goût ou du pacifisme, ça se saurait quand même ! Est-ce que je me trompe, si je dis que tout le monde est contre la violence? Est-ce que je me trompe si je dis que tout le monde aime la tarte aux fraises? Alors, quand un homme de lettres, au sens humaniste du terme, dit que les gens ont le droit de bousculer le bourgeois pour se faire entendre, il faut le prendre justement au pied de l’image. Qu’un homme public n’ait plus le droit de gloser sur la situation, se livrer à une saillie sans que ses propos soient jugés me paraît être un dérapage sérieux, annonciateur de la loi 78 qui fut votée deux ou trois mois après cet épisode.

 

Chers étudiants, la violence n’est pas pour vous. Elle est pour les institutions qui partent en guerre, qui dévastent Irak et Afghanistan. Ça c’est pas de la violence.

 

Alors, les jeunes, occupez vos mains, la gauche avec une casserole, la droite avec une cuillère. Comme ça vous ne serez pas tenté de lâcher les précieux instruments à faire vos pâtes quotidiennes, pour aller brutaliser des voitures. Et si vous voulez bien écouter M. Tremblay le Maire, faites le concert de casseroles plutôt de votre balcon. Tant qu’on y est, manifestez aussi de votre balcon, M. Le maire sera très heureux lui qui vous l’a recommandé, lui qui n’aura plus à agiter ses petits bras, ou bien a être terrorisé par un accident qui vous guette. Non, c’est sérieux, M. Tremblay a peur que les étudiants soient blessés par des voitures pendant les manifestations. Ça dégouline partout de mièvrerie et de bons sentiments. Chers étudiants, couvrez vous en sortant le soir, les nuits sont fraîches, M. Le Maire recommande que vous n’oubliiez pas votre petite laine en allant manifester, de bien vous laver les mains en rentrant, de ne pas vous salir. Et il vous implore de bien faire attention à vos instruments culinaires. J’ai l’impression que des pâtes, vous allez en manger encore pendant un bon bout de temps!

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