Conseil municipal de Saint-Sauveur : une séance entre finances et frustrations
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Le conseil municipal de Saint-Sauveur a déposé son rapport financier 2025 le 17 juin, mais plusieurs échanges citoyens ont rapidement déplacé l’attention vers les chemins privés, la sécurité routière, l’entretien du village et l’itinérance.
La séance ordinaire du 17 juin, à Saint-Sauveur, a commencé avec des chiffres. Elle s’est toutefois poursuivie avec des préoccupations bien concrètes. Le maire Luc Martel a d’abord présenté les faits saillants de l’exercice financier 2025, en compagnie du directeur des finances, Jean-François Denis. « C’est une image du 31 décembre 2025 », a-t-il rappelé, en précisant que l’exercice s’était terminé sous l’ancien conseil municipal.
Le budget adopté était de 41,7 M$. Selon la présentation faite en séance, la Ville termine l’année avec un excédent de fonctionnement de 4,8 M$. Une partie provient des droits de mutation, évaluée à 2,1 M$. Une autre portion, de 2,7 M$, est liée à la gestion des dépenses et à des postes demeurés vacants. « Cette performance renforce la résilience financière de la Ville et limite le recours futur à l’emprunt », a indiqué le maire.
Les chemins privés reviennent
Cependant, la période de questions a rapidement ramené le conseil vers le dossier des chemins privés. Des personnes résidant près du lac Prévost ont demandé à savoir combien la Ville économise en n’offrant pas le plein service d’entretien sur ces chemins ouverts au public. « On paye les mêmes taxes. Mais on n’a pas les mêmes services », a résumé une citoyenne.
Le maire a répondu qu’un tel calcul demandait « un travail de fond ». Le maire a aussi rappelé que certaines collectes de matières résiduelles sur les chemins privés coûtent plus cher. « À certains endroits, ça coûte jusqu’à quatre fois le prix », a-t-il expliqué, en évoquant les chemins où les gros camions ne peuvent pas passer.
En parallèle, le conseil a adopté un avis d’intention afin de créer de nouvelles sous-catégories d’immeubles pour le prochain rôle triennal. Cela pourrait permettre d’ajuster la taxation, notamment pour les chemins privés.
Sécurité et vitesse
La sécurité routière a aussi occupé une place importante. Le conseil a demandé au ministère des Transports et de la Mobilité durable d’intervenir sur le chemin Jean-Adam, soit la route 364. La Ville réclame un plan concret, avec des mesures à court, moyen et long terme. « Ça fait longtemps qu’on demande la rencontre », a mentionné le maire.
Plus tard, des résidents de la rue Hébert ont aussi demandé l’installation d’un dos d’âne. Selon eux, plusieurs automobilistes utilisent la rue comme voie de contournement. « Ça n’a pas d’allure comment c’est problématique », a lancé un citoyen, en parlant de la vitesse près du parc Camille-Michel.
Un village à entretenir
Enfin, plusieurs interventions ont porté sur l’apparence du village. Une commerçante a dénoncé les mauvaises herbes, les poubelles et la saleté sur la rue principale. « Je n’ai jamais vu ma ville sale comme elle l’est cette année », a-t-elle affirmé.
Une autre citoyenne a demandé des sacs pour ramasser les excréments d’animaux dans les parcs et est revenue sur la décision de la Ville de ne plus acheter de fleurs annuelles. « On fait pitié », a-t-elle lancé. Le maire a reconnu que la Ville traverse une transition vers des aménagements plus durables, notamment avec des vivaces. « C’est un virage vert », a-t-il dit.
L’itinérance inquiète
L’itinérance a aussi été soulevée. Une résidente a dit avoir observé des situations agressives près de commerces. Elle a demandé plus de sécurité dans le village. Le maire a indiqué que le dossier est discuté à la MRC. Il a aussi mentionné la future Hutte à Sainte-Agathe. « Il faut que ce soit un endroit où il y a des services », a-t-il expliqué.
La séance s’est terminée après plusieurs questions citoyennes. Au-delà des chiffres, elle a surtout montré une ville aux prises avec des enjeux de proximité, de services et d’équité.