Des élèves de Cap-Jeunesse réagissent

Des élèves de Cap-Jeunesse réagissent
Thomas Gallenne
Actualité

Documentaire Dérapages de Paul Arcand

Le 30 avril dernier, 190 élèves de l’école secondaire Cap-Jeunesse de Saint-Jérôme assistaient au  visionnement du documentaire Dérapages du journaliste Paul Arcand.

Depuis sa sortie et sa tournée québécoise, le documentaire de Paul Arcand, Dérapages, fait grand bruit. Cependant, nous avions mentionné dans notre précédente édition que le réalisateur a fait le choix délibéré de donner la parole en priorité aux jeunes. Cependant, nous avons voulu savoir ce qu’en pensait un spécialiste de la question.

 

Jean-Marie de Koninck, est président de la Table québécoise de la sécurité routière (TQSR) et a participé à la réflexion sur la question depuis de nombreuses années: «Le documentaire de Paul Arcand est une approche louable dans le contexte de la sécurité routière. Il faut comprendre que ce n’est pas un dossier facile. La principale source d’accidents provient des comportements. Dans le documentaire, on saisit bien ce qui se passe dans la tête des jeunes.»

 

Selon lui, il est difficile de prévoir si ce genre de documentaire va avoir un impact à moyen et long terme sur les comportements des jeunes conducteurs. Pour M. De Koninck, l’approche répressive ne règle pas tout et l’éducation a un grand rôle à jouer. «On voit différentes règlementations dans certains pays qui peuvent avoir un impact, comme en Suède où ils se sont dotés de la vision «tolérance zéro alcool», ou encore l’accès au permis plus contraignant pour les jeunes, mais le risque zéro n’existe pas, ni la solution miracle», ajoute-t-il.

 

Prise de risque: inconscience ou rituel initiatique?

Dans le documentaire, certains jeunes admettent ouvertement prendre des risques en automobile, pour l’adrénaline et le plaisir qu’elle procure. Également, l’obtention du permis est une étape importante dans l’autonomie des jeunes. «Les jeunes essaient d’être autonomes mais ils le sont pas, croit M. de Koninck. De plus, quand on est jeune, on repousse nos limites le plus loin possible, dans tous les domaines. Et semble-t-il que c’est essentiel pour le développement humain. Si on essaie de brimer ça, c’est mauvais.» Connaissant les risques, pourquoi les jeunes adoptent-ils ces comportements à risque? «Certaines études démontrent que les lobes frontaux du cerveau, là où se fait le jugement et où se prennent les décisions, ne se développent complètement qu’au milieu de la vingtaine.»

 

À d’autres époques, pas si lointaines et dans certaines cultures, certains rites initiatiques, certaines épreuves, marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte, l’inclusion au groupe, etc. Avec l’éclatement de certaines valeurs traditionnelles, ces balises sont à redéfinir. «Les jeunes sont en quête d’autonomie, mais aussi de points de repère. Ils sont extrêmement influençables. D’où l’importance du rôle des modèles, que ce soient les parents ou autres.»

La jeunesse: le reflet de notre société?

Le documentaire de Paul Arcand aborde le sujet: si les jeunes ne retiennent pas du voisin, et que les générations plus âgées n’ont pas de leçon à donner à ceux qui leur succèdent, il convient d’accepter que le comportement des jeunes au volant interpelle la société au complet.

 

«En 2006, la Table a mis sur pied un groupe de travail pour réfléchir sur le comportement des jeunes au volant, poursuit M. De Koninck. Par la suite, on a remis deux rapports, en 2007 et 2009, dans lesquels on recommandait entre autres, de repousser l’obtention du permis de conduire à partir de 18 ans, avec un accès graduel au permis, via une banque de points de démérite qui augmente au fur et à mesure que le jeune évolue. Sur la question de l’alcool, on recommandait la  »tolérance zéro » jusqu’à un certain âge (24 ans en 2007, 21 ans en 2009), mais cette question n’a jamais fait consensus. Si on voulait être sérieux, ce serait tolérance zéro à l’ensemble de la population, pour ne pas discriminer les jeunes, mais on aurait une levée de bouclier.»

 

Malgré toutes les réglementations et les recommandations, le spécialiste n’en démord pas: «L’accès graduel à l’auto relève des parents. Ils ont un rôle extrêmement important qu’ils ne réalisent pas. Au lieu de cela, ils s’en remettent au gouvernement.» Selon lui, nous serions trop laxistes en matière de comportements sur la route. «Comme on le voit sur la question du taux d’alcool, c’est un choix de société. Ailleurs comme dans les pays scandinaves, ils sont beaucoup plus restrictifs et les résultats sont là», conclut M. De Koninck.

 

 

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