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Hebdos régionaux: l’«Accès» à un niveau supérieur!

Par rejean-tremblay

Après avoir eu le bonheur d’accueillir en ses pages les Laurentiennes Fabienne Larouche et Jocelyne Cazin, Accès a maintenant l’honneur de faire place au grand Adélois Réjean Tremblay, qui tiendra une chronique par semaine pour tout le mois de novembre!

J’ai eu le bonheur de débuter dans le journalisme dans un hebdo régional. Je sais qu’aujourd’hui, les jeunots que La Presse em- bauche doivent avoir un bacc en communication ou en journalisme dans leur cv et passer à travers un stage où ils sont dorlotés par des vétérans du journal mais à une autre époque, on faisait ses classes en région. Ou dans un gros hebdo de Montréal.

On n’arrête pas le progrès.

Mais y’a rien qui vaut un hebdo régional pour apprendre les vraies affaires. Apprendre si on a une colonne vertébrale quand le maire ou les notables de la place ne sont pas contents d’un article ou d’un bas de vignette. Évidemment que tous les hebdos ne sont pas semblables. La grande majorité vit de la publicité des commerçants et des institutions de la petite ville ou des villages qu’ils desser- vent. D’une façon ou d’une autre, tout le monde est en conflit d’intérêts.

C’est là que la game se joue. On peut coucher avec les notables et devenir une sorte de feuillet paroissial au service de ceux qui payent la pub. Ou on peut faire un vrai journal, sortir les vraies histoires et prendre le risque que les payeurs de pub se fâchent et coupent leurs annonces. La ligne est mince et pas toujours facile à déterminer.

Il arrive que le journaliste commette une erreur. Il arrive qu’un maire ou un gros annonceur ait raison d’être en colère. Dans un monde idéal, l’élu ou le président de la Chambre de commerce qui vend des chars, devrait avoir la grandeur d’esprit de comprendre et d’excuser l’erreur commise de bonne foi. Évidemment que ça ne passe pas ainsi. D’habitude, on préfère les menaces et les cris.

Dans ces moments de tension, il faut que les dirigeants du journal fassent preu-ve d’une souplesse ferme. C’est contradictoire mais c’est comme une main de fer dans un gant de velours. Il faut protéger le journaliste et l’institution tout en faisant comprendre à celui qui a été lésé que le «journal comprend» et qu’à un moment don-né, il y aura un retour d’ascenseur.

Tout ça sans que le journaliste ne soit au courant de ce qui se dit à son sujet. Question de garder ses illusions et sa confiance dans ses patrons. Vous le voyez, c’est très compliqué de faire un bon hebdo de région. C’est un équilibre constant à trouver et à conserver. Mais parfois, c’est possible. Quand l’hebdo est riche et puissant comme le sont Progrès-Dimanche au Saguenay-Lac-Saint-Jean ou le Canada Français à St-Jean. Ou bien quand l’hebdo est crédible après des années de lutte pour protéger son autonomie et sa liberté. C’est maintenant le cas d’Accès. Les patrons vont finir par devenir des notables à leur tour mais un bon journal, une fois que l’élan est donné, c’est difficile à étouffer.

Et puis, de toute façon, si vous voulez avoir une idée des vraies combines qui se passent dans les Laurentides, si vous voulez lire un point de vue indépendant, quel journal lisez-vous?

C’est ce que je disais.

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