«Je ne me sens pas du tout dépassé par les évènements…»

«Je ne me sens pas du tout dépassé par les évènements…»
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Claude Rodrique, Conseiller municipal, Saint-Sauveur

Messieurs MacPhee, Roy et Kieffer,

 

Donc, il y aura de l’opposition, où à tout le moins, un nouveau parti aux prochaines élections municipales: BRAVO!

 

J’ai toujours prôné que les meilleures idées et solutions sont le fruit de questionnements, d’oppositions d’idées et de débats.

 

Messieurs, vous me permettrez l’impolitesse d’utiliser le «je» dans ma lettre. Celle-ci est le fruit d’une initiative personnelle visant à rétablir l’image négative que vous voulez donner du conseil en place dont je fais parti. N’y voyez surtout pas une dissociation de ma part des actions et décisions qui ont été prises par le conseil actuel. Nous avons travaillé en équipe et j’assume pleinement tout ce qui a été fait et dit et dont j’étais partie prenante. J’écris donc en mon nom personnel, en tant que conseiller, fier de l’être et surtout fier du travail que j’y ai accompli au cours des dernières années.

 

Messieurs, je vous ai déjà félicités pour votre présence assidue et vos questions aux assemblées du conseil, parce que la démocratie a besoin de gens qui posent des questions, qui amènent des idées et qui s’opposent. Je vais vous féliciter à nouveau de ne pas vous contenter du rôle de «critiques» et d’aller au fond pour briguer les postes de «décideurs». Ça prend un certain courage pour accepter de devenir à son tour la cible de critiques. Peut-être que vous-mêmes, si un jour vous êtes élus, vous aurez à faire face à des chevaliers-scruteurs qui n’auront pour objectifs que de vous prendre en défaut sur la moindre de vos décisions.

 

Ne sachant toujours pas si, moi-même, je briguerai un autre mandat comme conseiller, j’aurais pu ignorer votre geste. Y répondre équivaut à y accorder de l’importance, ce que je ne souhaite pas nécessairement. Alors pourquoi ai-je choisi de vous répondre? Parce que je ne partage pas les motifs qui vous amènent à poser ce geste démocratique et que je ne souhaite pas vous voir véhiculer des faits qui ne sont pas justes et appropriés. Et quand il y a injustice, je n’aime pas. Puisque vous avez choisi de faire valoir votre décision par le biais des journaux, permettez-moi d’y répondre via le même média.

 

En acceptant de devenir conseiller, je n’ai pas eu peur, à mon tour, de me ranger du côté des décideurs: 7 ans comme conseiller et 20 ans comme membre du Comité Consultatif d’Urbanisme, dont 7 comme président.

 

Je crois bien connaître le Saint-Sauveur d’aujourd’hui et les gens qui y vivent. Je peux humblement affirmer que ma présence au conseil n’a pas été marquée par l’inaction. Les premières paroles que j’ai prononcées quand j’ai été élu furent: «je ne suis pas ici seulement pour représenter le conseil auprès des citoyens, mais surtout pour représenter les citoyens auprès du conseil». C’est ce que je me suis appliqué à faire avec dévouement.

 

Monsieur MacPhee, vous voulez «offrir un vent de fraîcheur dans un monde municipal sclérosé». Sachez que, selon les dossiers, je consacre entre 15 et 20 heures par semaine aux affaires municipales (c’est près de 1000 heures par année). Mes consoeurs et confrères au conseil ainsi que la direction de la ville peuvent vous confirmer que je ne suis pas toujours reposant. Tous les commerçants et citoyens qui ont fait appel à moi pour obtenir de l’aide ou pour régler un problème peuvent témoigner de mon empressement et de mon acharnement à les satisfaire.

 

Monsieur MacPhee, parlons du mot «sclérosé». Vous savez que mon fils est atteint de sclérose en plaques; vous le savez parce que c’est moi qui vous l’ai raconté, le soir même où vous m’avez remercié pour l’acceptation de l’enseigne du commerce de votre épouse. Ce même soir, vous m’avez aussi dit, un peu cavalièrement, que vous aviez une «très bonne mémoire». Peut-être que vous n’étiez pas à «l’écoute» ce soir-là. Le pas à franchir pour vous accuser de vengeance, parce que mon choix ne s’est pas arrêté sur vous comme membre du CCU, était très facile. Je pourrais aussi essayer de vous discréditer en disant que c’est un «coup bas». Je n’en ferai rien parce que je ne suis pas un partisan de la politique «sale», et aussi parce que je vous respecte et, sincèrement, je ne crois pas que c’était votre intention de me blesser. Vous voyez monsieur MacPhee, vos deux longues années de résidence

à Saint-Sauveur vous ont appris beaucoup sur le fait Sauverois; maintenant, comme politicien, il vous faudra apprendre à peser chaque mot que vous direz et chaque geste que vous ferez. Croyez-moi!

 

À preuve: lorsque j’ai pris position en assemblée de conseil face à la venue possible d’un Canadian Tire et que j’ai voulu exprimer le fruit de ma réflexion, vous et monsieur Keiffer m’avez interrompu quatre fois parce que vous ne souhaitiez pas vraiment «écouter» ce que j’avais à dire. Aujourd’hui, vous dites que nous ne sommes pas à l’écoute des citoyens.

 

Sachez Messieurs, qu’un fort pourcentage de citoyens m’a élu au poste de conseiller. Ce faisant, ils m’ont fait l’honneur de me demander de les représenter pour prendre des positions et des décisions en leur nom. Le soir de cette fameuse assemblée de conseil «Canadian Tire», je vous ai clairement dit devant les journalistes présents: «amenez-moi un comité représentatif d’une majorité de citoyens me demandant de changer ma décision concernant le projet et je le ferai». Bien sûr, vous n’avez jamais fait preuve de cette majorité de citoyens. Moi, ce que j’entendais de la population c’était le contraire de vos prétentions. Alors, j’ai «écouté» consciencieusement et je n’ai pas changé de position.

 

Vous parlez de faire place aux jeunes, faire du mentorat et favoriser les logements abordables. J’ai l’impression de m’entendre pendant la campagne de 2005. Personnellement, depuis toujours, je dis qu’il faut préparer la relève. Je fais de la formation auprès des jeunes depuis plus de 25 ans. Dans mon entreprise, j’ai toujours favorisé l’emploi de jeunes, même si ça coûte cher de les former. Publiquement, au conseil, j’ai été surpris de constater qu’il y avait peu de jeune main-d’œuvre locale disponible pour combler les postes offerts par la ville. Pourquoi? Nous nous sommes posés la question et avons conclu qu’il fallait favoriser davantage l’établissement des jeunes dans notre ville. Après avoir ciblé des secteurs pour ce faire, on nous a dit «pas à côté de chez moi». Après avoir contacté des promoteurs, ceux-ci ont expliqué qu’il était impossible de faire du logement abordable à cause du prix des terrains et des infrastructures. Nous avons alors discuté de la possibilité de créer des incitatifs: Rabais de taxes, élimination de la taxe de 00bienvenue pour les jeunes parents à faible revenu, etc. Facile à dire, mais pas facile à réaliser. C’est pourquoi le logement abordable fait toujours partie de nos préoccupations et discussions au conseil. Je vous comprends de ne pas savoir toutes ces choses, vous n’étiez pas encore citoyens de Saint-Sauveur, ou à tout le moins, n’assistiez pas encore aux assemblées de conseil lorsque nous en avons discuté.

 

Vous voyez Messieurs, vous n’inventez rien; mais, j’admets que «Parti du Renouveau», bien que peu original, c’est accrocheur. Avec humour, je vous dirai qu’à regarder vos photos, tout comme moi d’ailleurs, vous n’avez pas l’air de «jeunes coqs», même après avoir enlevé vestons et cravates. C’est la preuve que le «renouveau» ne passe pas nécessairement par la jeunesse. Personnellement, ça fait 20 ans que je suis impliqué dans les affaires municipales et je ne me sens pas du tout, et je vous cite: «dépassé par les évènements et déconnectés des réalités et des besoins d’une certaine partie de la population». Au contraire, je me sens très présent, disponible et à l’écoute; je dirais même que je me sens d’attaque.

 

À bons écoutants…

 

 

 

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