Journée internationale contre l’homophobie

Journée internationale contre l’homophobie
Thomas Gallenne
Actualité

Être gay dans les Laurentides, c’est pas toujours rose!

Le 17 mai, le Centre Sida Amitié (CSA) basé à Saint-Jérôme souligne la Journée internationale contre l’homophobie. Bien que les mentalités aient évolué, il reste beaucoup de travail de prévention à faire, dans un contexte de disette budgétaire.

 

L’homophobie, est une forme de discrimination, au même titre que le racisme, la xénophobie ou l’antisémitisme. Selon la Fondation Émergence, «l’homophobie est une attitude, un sentiment négatif, une aversion envers les personnes homosexuelles ou envers l’homosexualité en général.» Toujours selon cet organisme, «l’homophobie se manifeste par la haine, le dénigrement, l’hostilité et le rejet des personnes considérées comme homosexuelles et de ce qui leur est associé, notamment les personnes dont l’apparence et le comportement ne correspondent pas aux stéréotypes de la masculinité ou de la féminité.»

 

Comme tient à le rappeler justement Julie Beaulieu, agente de sensibilisation au CSA, «on ne naît pas homophobe, on le devient!» Elle rappelle du même souffle que le 17 mai est une date symbolique puisque c’est à cette date en 1990 que l’homosexualité a été retirée de la liste des maladies mentales par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Un organisme à bout de souffle

La mission première du CSA est d’offrir des services d’accueil, de soutien et d’accompagnement aux personnes atteintes du VIH-Sida et/ou de l’hépatite C, ainsi qu’à leurs proches.

 

Cet organisme communautaire a aussi comme mission de sensibiliser, de dépister, d’éduquer et de protéger la population des Laurentides face aux questions relatives aux infections transmises sexuellement ou par le sang (ITSS).

 

Toutefois, le CSA avoue avoir de la difficulté à assurer le volet prévention comme il le souhaiterait. «On manque de fonds, reconnaît Julie. Nous sommes deux agents de sensibilisation avec Émilie Belleville alors qu’il faudrait être cinq pour couvrir l’ensemble du territoire des Laurentides qui va de Rosemère à Mont Laurier, et de Saint-Eustache à Bois-des-Filion. Et on peut compter sur une quinzaine de bénévoles répartis sur les trois organismes qu’on gère, soit le CSA, le Café de la rue et le comptoir alimentaire. On fournit aussi le transport médical pour certains patients qui doivent se rendre à la clinique pour leur examen ou suivi médical.» Et comme ne cesse de le marteler le personnel du CSA, la prévention demeure un enjeu crucial, particulièrement quand on sait qu’il y a une recrudescence des ITSS depuis quelques années. «Ce n’est pas l’orientation sexuelle qui fait qu’on sera infecté ou non, c’est le comportement», insiste Julie Beaulieu.

 

Difficile d’être homosexuel dans les Laurentides?

Malgré l’ouverture des esprits qui s’est faite depuis quelques années, certains préjugés demeurent tenaces. «J’ai senti de la discrimination, surtout au Café de la rue, avoue Pierre-Luc, 34 ans. Mais après un certain temps, ça s’est estompé. Peut-être parce que les personnes qui vont au Café vivent eux aussi de la discrimination, et savent donc ce que c’est.» Pierre-Luc a déclaré son homosexualité dans une lettre adressée à chacun de ses parents, alors qu’il n’avait que 13 ans. «Je l’ai toujours su, poursuit-il. J’ai surtout été élevé par ma mère, et cela n’a pas changé grand chose de son côté. En revanche, mon père a été fâché, non pas de l’apprendre mais de la manière dont je lui ai dit, ça l’a blessé. On ne s’est pas parlé pendant trois ans. Mais aujourd’hui, on se parle et on s’aime beaucoup. J’ai une belle relation avec mon père.» L’homophobie, Pierre-Luc l’a vécue un peu à l’école: «Un gars s’est acharné sur moi à la fin du secondaire, mais ça n’a pas duré longtemps.» Un beau jour, Pierre-Luc a «fugué» pour expérimenter une certaine réalité gay: «J’ai dû quitter la région pour me rendre au Village gay à Montréal. Je voulais découvrir, voir si ça m’attirait, voir d’autres personnes qui vivaient la même chose que moi. Dans les Laurentides, il n’y a rien pour les gays. Il n’y a pas de lieux de rencontres ou de services pour discuter de ce qu’on vit. Bien sûr, il y a Tél-Jeunes mais il n’y a pas de ligne gay spécifique.»

 

 

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Thomas Gallenne

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