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La Metsä : le « projet qui n’existe pas »

Par Simon Cordeau

Lors de la séance du conseil de Sainte-Adèle, tenue lundi 16 mai, le projet de La Metsä a de nouveau suscité questions et inquiétudes de la part des citoyens présents.

L’ambitieux projet de chalets hôteliers La Metsä, auquel serait accolé un immense lagon géothermique chauffé à l’année, a pré-vendu 100 % de ses unités à Sainte-Adèle. Les pré-réservations sont déjà ouvertes pour deux autres projets, à Québec et en Estrie.

Pourtant, le projet n’est toujours pas déposé à la Ville de Sainte-Adèle, a répété la mairesse, Michèle Lalonde. Pour l’instant, il est donc impossible de l’évaluer. Cela lui a valu le surnom ironique de « projet qui n’existe pas » lors de la période de questions.

Changement de zonage?

C’est pourquoi des citoyens, qui s’opposent au projet, ont appelé les élus à être proactifs. Par exemple en effectuant un changement de zonage avant que le projet ne soit officiellement déposé.

Les élus disent avoir évalué cette option, mais que celle-ci exposerait la Ville a des poursuites judiciaires de la part du promoteur. La Ville serait dans ses droits, jugent les élus, mais ceux-ci préfèrent opter pour la prudence. Ils ne veulent pas ouvrir la porte à une poursuite qui pourrait coûter des millions de dollars en frais d’avocat et qui s’étendrait sur des années, comme celle autour de la Croix, ont-ils expliqué.

Plusieurs étapes

Comme lors de séances précédentes, la mairesse a réitéré que si le projet soumis respectait tous les règlements, la Ville n’aurait pas le pouvoir de s’y opposer. Elle a toutefois ajouté une nuance. Un projet de cette ampleur nécessiterait sûrement bon nombre de dérogations mineures qui, elles, doivent être approuvées par le conseil.

Entre autres étapes, le projet demanderait également une évaluation du comité environnement et milieux naturels de la ville, ainsi que du ministère de l’Environnement. Il faudrait aussi l’intervention du ministère des Transports du Québec (MTQ). La mairesse a d’ailleurs souligné la lenteur du MTQ, pour aménager un accès routier sous le Parc linéaire du P’tit Train du Nord.

Les embûches sont donc nombreuses. Peut-être même insurmontables, avant que le projet colossal de La Metsä puisse voir le jour, a-t-on compris.

Acceptabilité sociale

Lors de la séance, l’importance de l’acceptabilité sociale a aussi été soulevée. Notamment pour un projet d’une telle envergure, qui détruirait essentiellement des acres de milieux naturels.

Cependant, la mairesse dit qu’elle et ses conseillers ont sondé leurs concitoyens. L’opposition au projet ne serait pas aussi unanime qu’il n’y paraît. En fait, beau

coup de citoyens appuieraient La Metsä, soutient-elle. Mme Lalonde s’est toutefois bien gardée de se prononcer si la majorité de la population adéloise penchait d’un côté ou de l’autre. La mairesse elle-même tient à ne pas prendre position, a-t-elle souligné.

L’idée d’une consultation citoyenne a été évoquée, mais la mairesse la rejette pour l’instant. « Si on fait une consultation publique, le projet sera glissé en-dessous de la porte demain matin », a-t-elle averti.

En mars dernier, le promoteur de La Metsä, Louis Massicotte, avait déclaré au Journal poursuivre le processus d’analyse du projet. « […] Nous voulons collaborer positivement avec tout le monde et réduire tout inconvénient. Il est normal que nous procédions lentement avec les demandes, car nous voulons que tout soit fait selon les règles. »

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