Le développement durable: Quelle tarte à la crème!

Le développement durable: Quelle tarte à la crème!
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On dirait que le développement durable est une manifestation des énormes intérêts énergétiques planétaires, une invention pour nous faire croire que désormais, les économies d’énergies et l’avenir du monde sont en de bonnes mains.

Cette manie d’éructer le développement durable serait une manipulation permettant à ces compagnies pétrolières de reprendre en mains la question, et structurer pour leur profit, une tendance qui aurait pu leur échapper, donc amoindrir leurs revenus. C’est ainsi qu’antérieurement dans ces pages, j’ai appelé cette nouvelle tendance verbeuse une tarte à la crème, sorte d’objet risible qu’on s’envoie à la figure et qui ne devrait tromper personne, et surtout pas celui qui se retrouve ainsi entarté.

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Avant que la société, ou je ne sais quelle entité ne procède à cette récupération, dans les années 70, un courant d’idées appuyé sur une sorte de gauche libertaire, un peu anarchiste, un peu (beaucoup) inventive, relayée par les écoles d’architecture, avait dénoncé le gaspillage des ressources énergétiques de la planète. La première crise pétrolière de 1973 avait prestement multiplié les initiatives de ces concepteurs travaillant de manière un peu échevelée. La revue crée en 1972 «la Gueule Ouverte», donnait pendant cinq ou six ans des solutions parfaites pour chauffer sa maison et sa piscine avec le soleil, la biomasse chez soi, enfin toute une série de solutions qui ont été mises en œuvre avec succès. Des fabricants de capteurs solaires à eau chaude se sont multipliés eu Europe et au Japon. Dès 1982, en tous les cas en France, les entreprises majeures de capteurs solaires ont été achetées par des sociétés pétrolières, et elles ont été mises en sommeil l’une après l’autre. Ces faits sont historiques, et je mets au défi quiconque d’apporter une contradiction.

 

Une certaine intelligentsia de l’architecture solaire vous prouvera que depuis 1975, on sait faire des maisons solaires. Soit en utilisant des capteurs à eau chaude, maison solaire dite active, soit en construisant la maison elle même comme un capteur (maison solaire dite passive) avec un taux de couverture de 85%, c’est-à-dire que les 15% restants sont l’électricité domestique comme l’éclairage. Plus de 47 ans après, la maison solaire est encore confidentielle, elle est dite plus chère ce qui pourrait être faux si un vrai modèle industriel avait été mis en œuvre. Les progrès techniques en 47 ans sont misérables, aucun service de R&D de multinationale, aucun état a vraiment pris les mesures qui s’imposent pour régler ces problèmes d’économies d’énergie.

 

Marchandisation du bon sens

47 ans, c’est deux ans de plus que ce qu’il a fallu à l’industrie aéronautique pour passer de la traversée de la Manche par Blériot en 1909 au premier vol d’un Boeing 707 en 1954. On est passé d’un avion en bois de 75 chevaux, à la vitesse supersonique en moins de temps qu’il en a fallu pour que l’architecture solaire soit massacrée et plongée dans un oubli bien commode pour garder ses parts de marché.

 

Il en est de même pour la voiture électrique. La «Jamais Contente» a franchi le cap des 100 km/h à Archères en France en 1899! Il a fallu plus d’un siècle pour que le monde se préoccupe de ce moyen de locomotion si évident. Un documentaire américain «Qui a tué la voiture électrique» explique clairement pourquoi il y a une dizaine d’années, GM a retiré un véhicule d’essai, produit à 2000 exemplaires en 1996. Au grand dam des utilisateurs qui en étaient absolument enchantés: bonne puissance et autonomie excellente.

 

Transport et habitation, on parle d’à peu près 70% de la consommation énergétique mondiale, le reste étant l’industrie. Il est clair qu’on a foutu en l’air la planète pendant un siècle pour que les majeures pétrolières se gavent sur notre dos et celui de nos enfants. Il y a donc fort à parier que le développement durable est un subterfuge pour nous faire croire que désormais «nous» allons inventer des solutions pour diminuer l’impact de la consommation pétrolière. C’est là que les craintes de pénurie de ressources ont conduit ces grosses compagnies à se pencher sur des solutions de remplacement. Et qu’une fois de plus on nous entraîne dans une mauvaise direction en promouvant honteusement le photovoltaïque, qui n’est rien d’autre qu’un vague marché de niche plus adapté aux pays peu équipés. Le rendement d’un chauffage électrique connecté sur une batterie de piles photo-voltaïques étant ridicule comparé à un capteur à circulation d’eau chaude. Mais voilà, cette fois-ci ce sont les sociétés de production électriques nationales qui s’adossent aux pétrolières pour nous ridiculiser.

 

Le développement durable, c’est une arnaque, une menterie. C’est en fait la marchandisation du bon sens de nos ancêtres, qui savaient comment bien placer une maison, comment bien l’orienter, bien la construire, qui se doutaient qu’en se regroupant on économisait toute la logistique, qui savaient construire une voiture électrique et la faire marcher. Il faut définitivement mettre en œuvre les moyens de véritablement développer les solutions énergétiques sans que les pétrolières mènent la danse.

 

Patrice Llavador signe aussi chaque mois, dans le cahier Habitation d’Accès, une chronique sur le(s) développement(s)…

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