L’insulaire 2… Le retour!

L’insulaire 2… Le retour!
Thomas Gallenne
Actualité

Nous avons atteint, mes deux filles et moi, la côte des Îles-de-la-Madeleine après un voyage en auto de deux jours et une traversée houleuse en bateau de cinq heures. C’est dire s’il fallait les gagner ces îles au bout du monde! Nous sommes sortis du traversier par la proue, chacun sur son vélo (j’avais laissé l’auto à Souris, Île-du-Prince-Édouard), affublés de nos sacs à dos, moi tirant une remorque qui contenait l’essentiel : une tente deux places, deux matelas de sol et deux sacs de couchage, nos maillots de bain, un contenant entamé de crème solaire et nos brosses à dents. De vrais cyclotouristes quoi!

Pour ceux qui suivent (nous étions trois), il me manquait du matériel. Mais j’avais ma collègue Geneviève qui nous attendait impatiemment à Cap-aux-Meules et qui nous a gentiment prêté un matelas de sol et une couverture. Pour ce qui fut du nécessaire de cuisine, c’était à la bonne franquette : repas froids matins et midis et bouffe en communauté ou au resto le soir venu.

Quant au camping du Parc de Gros-Cap, en me fiant un peu à la carte du site Web, à Google Map et aux conseils de la préposée téléphonique, j’ai opté pour un emplacement au bord de la falaise et proche des arbres. Certes la vue était magnifique, donnant sud, sud-est. Mais bonjour les rafales de vent, les embruns et les moustiques!

Ah oui, je ne vous ai pas dit : notre première semaine fut la pire en température de tout l’été! Vent du Nordet (nord-est, bien frais), 13 degrés et de la pluie. Je peux vous dire que les maillots de bain, on ne les a pas sortis tout de suite. Non. On était plutôt multicouches mes filles et moi. Une chance que Geneviève m’avait prévenu, mais je l’avais à peine cru quand elle me disait qu’elle portait un manteau d’hiver durant certaines soirées fraîches de juin.

« On n’a pas vu ce temps-là en plein mois de juillet depuis longtemps », me lançaient tous les Madelinots et Madeliniennes (elles n’aiment pas qu’on les appelle Madelinotes… je ne sais pas pourquoi!) que je rencontrais. Je me disais en moi-même : « Ben oui, c’est ça, prenez-moi pour un cave de touriste qui s’est bien fait attraper »! 13 degrés, à geler comme des crottes, à manger nos sandwichs détrempés, avec le stock qui part au vent dès qu’on s’assoit sur la table de pique-nique au bord de la falaise, et les moustiques qui nous assaillent dès qu’on se met à l’abri sous les arbres… On n’a pas fait tout ce chemin pour rester coincés sous notre tente ou dans l’abri communautaire! Au bord de l’eau en plus!

Tiens, parlant d’eau, je me suis donc hasardé à tremper un pied dans la mer le lendemain de mon arrivée. Ayoye, elle est dont ben frette! J’ai retiré mon pied avant qu’il ne devienne tout bleu. J’ai scruté l’horizon pour voir si un iceberg dérivant dans le golfe n’était pas responsable de cette eau glacée. Non, pas de glaçon géant. Tabarouette, ils sont coriaces ces Madelinots!

 

 

Je vous rassure, le soleil s’est montré après quelques jours, le vent s’est calmé, les embruns ont cessé de brouiller mes lunettes et j’ai pu prendre la pleine mesure de la beauté des lieux et de ses charmes. À commencer par ses habitants. Les Madelinots sont charmants et incarnent bien la devise que l’on pouvait lire sur les t-shirts et autres bumper stickers : « Aux Îles, on n’a pas l’heure, on a le temps ». Tranquillement, on prend le rythme des insulaires. On prend son temps. Les gens ne sont pas pressés de vous dépasser en auto quand vous êtes à vélo. Et s’ils vous dépassent, ils roulent dans la voie opposée, afin de vous laisser un espace sécuritaire. Ils ne vous rasent pas les shorts, comme on le vit trop souvent à Montréal ou dans nos charmantes Laurentides.

 

Je ne vous conterai pas d’histoires : je n’ai pas exploré les Îles à vélo comme je l’aurais souhaité. Pas avec deux gamines qui peinent dans les côtes et qui n’utilisent qu’une vitesse sur les 18 que leur offrent leurs montures.

N’empêche, mon amie Geneviève nous a fait découvrir l’archipel en auto, du sud au nord, d’est en ouest et on se souviendra encore longtemps de nos cueillettes de coquillages sur les plages de la Grave et de Grosse-Île, de nos soirées guitare autour du feu sur la plage et des nombreux amis que nous nous sommes faits.

Et nous avons quitté les Îles avec un pincement au cœur. On ne met pas au pas les Îles. Elles se méritent. On s’y adapte (l’eau était fraîche mais baignable finalement). On les adopte. Et on veut y retourner. La devise que l’on retrouve sur des t-shirts et autres babioles résume bien notre sentiment : « On peut sortir un gars (ou une fille) des Îles. Mais on ne peut sortir les Îles du gars (ou de la fille). »

 

 

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