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Logement : Sainte-Adèle fera sans la MRC

Par Simon Cordeau

Sainte-Adèle souhaite agir elle-même en matière de logement. La MRC des Pays-d’en-Haut veut obtenir la gouvernance de ce dossier et outrepasse ainsi les compétences de la Ville, prétend la mairesse Michèle Lalonde. Celle-ci siège pourtant sur le comité logement de la MRC depuis sa formation, il y a près d’un an. « J’y suis encore, mais je me prépare à y renoncer. Nous avons une réunion mercredi [25 janvier]. Les objectifs qu’ils poursuivent sont en contradiction avec les nôtres », explique Mme Lalonde.

Lors de la réunion de son conseil municipal, le 16 janvier, Sainte-Adèle a adopté une résolution demandant « […] au gouvernement du Québec de reconnaître et maintenir la compétence des municipalités locales, dont Sainte-Adèle, en matière d’habitation ».

« Le logement, je crois que c’est plus approprié pour les villes. Les réalités sont différentes à Sainte-Adèle qu’à, disons, l’Estérel ou au Lac-des-Seize-Îles. Que la MRC veuille aider les petites municipalités, tant mieux. Mais nous, on a les ressources, et on ne veut pas payer en double. […] Ça fait 40 ans qu’on fait du logement social à Sainte-Adèle. On connaît notre réalité », soutient Mme Lalonde.

Genest souhaite « travailler ensemble »

La mairesse croit fermement que le développement de logements sociaux et abordables est une compétence municipale et qu’elle doit le rester. « Du jour au lendemain, la MRC veut se l’approprier. » Elle laisse entendre que Sainte-Adèle n’est pas la seule à avoir des réserves face à l’approche de la MRC. « Certaines villes sont réticentes », glisse-t-elle sans commenter davantage.

En entrevue téléphonique, le préfet de la MRC, André Genest, admet ne pas comprendre les craintes de Sainte-Adèle. « On est la pire MRC au Québec en matière de logement. Il ne faut pas que ça appartienne juste à Sainte-Adèle. On doit travailler pour avoir des solutions tout le monde ensemble », défend-il.

L’une des solutions envisagées est de créer un fonds spécifique au logement. Celui-ci permettrait aux municipalités d’acheter des terrains, pour ensuite les mettre à disposition du privé ou d’un organisme, qui y construirait des logements abordables. M. Genest précise même que chaque municipalité créerait son propre fonds : il ne serait pas centralisé à la MRC.

Par ailleurs, le préfet trouvait « curieux » que personne de Sainte-Adèle n’était présent lors du premier Sommet de l’habitation, organisé à Sainte-Anne-des-Lacs en novembre dernier. « Il y aurait pu y avoir le directeur général ou un urbaniste. Il aurait fallu que Sainte-Adèle soit représentée. » Le préfet ajoute qu’il ne s’est pas senti le bienvenue sur le conseil d’administration de l’Office municipal d’habitation (OMH) des Pays-d’en-Haut. « En principe, ce n’est pas juste pour Sainte-Adèle et Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. C’est pour l’ensemble de la MRC », plaide-t-il.

Si Sainte-Adèle a une si grande expérience, pourquoi ne pas en faire profiter le reste de la MRC ? « Le comité logement, quand on l’a créé, c’était justement pour partager nos expériences et nos données. Et on l’a fait. Mais là, ils prennent une orientation différente, pour prendre la gouvernance [du dossier] », critique Mme Lalonde.

Une MRC en croissance

Lors de l’adoption de son budget 2023, en décembre dernier, la mairesse avait critiqué l’augmentation de 21 % des quotes-parts versées à la MRC, arguant que Sainte-Adèle « paie souvent en double [des] services ». « La MRC grossit. Ça coûte de plus en plus cher. […] On veut le contrôle de nos finances et de nos budgets », ajoute Mme Lalonde en entrevue.

M. Genest précise toutefois que les plus grandes augmentations touchent la gestion des matières résiduelles et l’évaluation : deux services que les villes délèguent à la MRC. Questionnée, Mme Lalonde laisse entendre que les matières résiduelles étaient moins coûteuse lorsque Sainte-Adèle les géraient. Pour M. Genest cependant, il est évident que l’union fait la force. « Si on regarde les économies, on parle d’à peu près 25 % depuis que les municipalités se sont regroupées. »

Selon le préfet, cette solidarité a aussi des avantages certains pour le plein air, la culture, le transport collectif et l’économie. Oui, la MRC grossit, mais elle offre beaucoup plus de services aux citoyens, soutient-il. « C’est l’avantage de se regrouper. Moi, c’est sûr que je veux travailler ensemble », conclut le préfet.

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