Michel Cusson, l’image de la musique

Michel Cusson, l’image de la musique
Martine Laval
Actualité

Le grand événement de la 8e édition du FestiJazz Tremblant est le spectacle que donnera le musicien québécois de renommée internationale Michel Cusson, guitariste émérite, directeur musical et compositeur prolifique par qui la trame sonore de tant de films et séries télévisées s’écrit. Un spectacle gratuit qui fera des spectateurs présents de privilégiés observateurs d’un de nos plus grands phénomènes musicaux. Entretien avec le fabuleux compositeur de « musique à l’image », dont la notoriété dépasse largement les frontières, et les créations se jouent à la grandeur de la planète.

Vous revenez sur scène ces temps-ci, étiez-vous devenu un musicien solitaire?

Je suis présentement à travailler sur mon 5e projet d’envergure – Uzeb (1976-1992), Wild Unit (années ’90), Camino (2000), Cafe Elektrik (2009) -. Il est vrai que « je reviens » sur scène devant public, mais en fait je ne suis jamais « parti »! Je fais des bandes sonores tous les jours depuis des années, c’est mon travail, et ça implique parfois jusqu’à 70 musiciens, en plus de nombreux collaborateurs,

ingénieurs de son, etc. C’est du travail d’arrière-scène que les gens ne voient pas, mais dans la réalité, si je prends l’exemple des quatre mégaspectacles dont j’ai composé la musique et qui tournent en ce moment sur la Terre – Cavalia, Odysseo, Ulalena à Hawaï, et Era à Shanghai, j’ai un total de 22 musiciens qui jouent tous les soirs. Je suis en contact constant avec de nouveaux musiciens, et je voyage beaucoup. Une grande partie de mon travail se passe dans l’ombre et les gens n’en ont pas conscience, mais solitaire? Pas vraiment.

Quel est ce nouveau projet?

Le projet principal sur lequel je travaille actuellement c’est Michel Cusson solo dans lequel je fais le contraire de ce que je fais depuis 20 ans, qui est de mettre de la musique sur des images. Là, je mets des images sur MA musique, des images inspirées par un fait vécu, comme une bouteille à la mer qui me serait parvenue. Je veux garder le mystère, mais disons que cet événement précis a inspiré toute la musique que je vais jouer au FestiJazz où on ne verra pas les images, mais où la source d’inspiration sera bien présente. Tout gravite autour d’un fil conducteur sur lequel je ground ma  musique.

Comme je voulais offrir une édition spéciale au FestiJazz qui se déroulera à la belle étoile, je fais exception en le présentant en trio live avec deux jeunes musiciens -Vincent Yelle (contrebasse) et Olivier Guertin (batterie) -, mais c’est la même nouvelle musique du projet que je suis en train de réaliser et qui se concrétisera officiellement avec la sortie de l’album le 29 janvier prochain. (Prenez ça comme un scoop, fans de Cusson!).

Quand vous composez de la musique de film, l’inspiration vient du synopsis ou des images?

À partir de deux mots et une photo, je peux créer une quinzaine de minutes de musique, sans problème. Donc pour un scénario de 90 pages – équivalant à environ 90 minutes de film -, il faut que je puisse résumer en 20  mots « thématiques » les émotions à faire passer. L’image, elle, influencera la couleur orchestrale ou le choix de l’instrument, mais de prime abord, avec le réalisateur, l’important est de dégager les émotions en les identifiant clairement, et d’expliquer en peu de mots ce que sont les personnages.

Pourquoi choisit-on Michel Cusson pour composer sa musique de film?

Sans prétention… je pense que ça prend des années de travail d’exploration, une vaste culture musicale et une profonde connaissance pour être capable de creuser dans les vraies émotions et traduire en musique la psychologie, les complexités et les subtilités illustrées en images. C’est un art! Donc les réalisateurs qui ont une grande ouverture musicale dans leur culture cinématographique et qui désirent creuser dans les vibrations afin d’obtenir quelque chose de spécifique viennent voir Michel Cusson. Je crée du « sur-mesure ». Il n’y a pas de recette. Il faut se renouveler constamment, car si on croit avoir tout compris, c’est là qu’on n’a rien compris, parce que le lendemain, il faut tout recommencer à neuf!

Je suis un éternel curieux et je ne tiens rien pour acquis, donc je repousse constamment mes limites. Avec mon nouveau projet, j’ai tenté de créer quelque chose qui m’ouvre les horizons encore plus largement. Grâce à tous les collaborateurs desquels je suis entouré et qui y voient de multiples possibilités, la surprise est qu’on pourrait retrouver Michel Cusson solo aussi bien dans une exposition de photos qu’au Musée des beaux-arts ou dans un Festival du cinéma, et non plus seulement dans un Festival de jazz.

Un mot de la fin pour les festivaliers du FestiJazz?

J’ai eu une maison dans les Laurentides que je viens de vendre, mais je suis un gars du Nord et je connais bien la région que j’aime beaucoup et où j’ai plein d’amis. Je crois que c’est la première fois que je vais jouer à Tremblant et je suis content de ce que je vais présenter. Ça va être une belle rencontre! Soyez curieux! Ce n’est pas du jazz standard que vous entendrez!

Samedi 8 août, 21 h, Michel Cusson en spectacle gratuit

à la belle étoile sur la scène Découverte (en cas de pluie, chapiteau Jazz Lounge). www.michelcusson.com

www.jazzmttremblant.com

 

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