Les ateliers de la Fondation Jeunes en Tête. (Crédit photo: Fondation Jeunes en Tête)
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Outiller nos jeunes contre l’anxiété et la dépression

Par Simon Cordeau

Depuis le début de la pandémie, près d’un jeune sur deux souffrirait de symptômes liés au trouble d’anxiété généralisée ou de dépression majeure. C’est pourquoi la Fondation Jeunes en Tête fait la tournée des écoles de la région et mise sur la prévention.

À travers des ateliers, la Fondation donne aux adolescents des outils pour « faire face aux défis de la vie », explique Mélanie Boucher, directrice générale de l’organisme. « Le dernier défi pour la santé mentale, c’est la pandémie, mais il y en aura d’autres. Pour nos jeunes, la prévention, c’est tellement la clé. »

Durant sa tournée 2021-2022, la Fondation Jeunes en Tête a visité 10 écoles des Laurentides et a rencontré 2 898 élèves et 57 enseignants. Les outils, transmis lors des ateliers et disponibles gratuitement en ligne, sont autant utiles pour les jeunes que pour les parents et le personnel scolaire. « Nous sommes les mieux placés, les adultes, pour donner l’exemple et accompagner les jeunes. On est vraiment en train de tisser un filet de sécurité autour de nos jeunes », indique Mme Boucher.

L’adolescence est un moment charnière de la vie, où on se construit une identité, mais aussi où il est encore difficile de contrôler nos émotions. « Ce sont 50 % des enjeux de santé mentale qui débutent avant 14 ans. Mais encore faut-il être outillé », souligne Mme Boucher.

En parler

« Une des questions qu’on a le plus souvent, c’est : qu’est-ce qu’on fait quand un ami ne va pas bien? Souvent, les jeunes sont déchirés, ils ne veulent pas trahir un ami qui dit de ne pas en parler. Ou ils ne savent pas comment aborder la situation avec leur ami », explique la directrice générale.

Les ateliers permettent de faire des simulations, de démystifier la chose, et ainsi de réduire le stigmate autour de la santé mentale. Par exemple, on leur conseille de simplement dire : « Écoute, je suis là pour toi. Et je serai là aussi quand tu seras prêt à m’en parler », illustre Mme Boucher.

La dépression est la première cause de décrochage scolaire, indique-t-elle. « Et ça, c’est une statistique d’avant la pandémie. » Elle souligne aussi que 70 % des jeunes qui souffrent de dépression n’osent pas en parler, par peur d’être rejetés. 

Sortir

La pandémie et ses confinements ont accru l’isolement de tous, mais particulièrement des jeunes. « Notre cerveau a un muscle de socialisation. On a tous un peu perdu cette habileté-là. Mais la socialisation, à l’adolescence, est clé dans le développement », prévient Mme Boucher.

« Nos jeunes ont malheureusement perdu leurs réflexes de socialisation habituels. Ils ont utilisé les écrans et les réseaux sociaux pour rester branchés avec leurs amis, mais c’est plus néfaste. En plus, les cours étaient donnés par les écrans », note-elle.

Cela a mené à une « augmentation fulgurante » du temps d’écran, ce qui rend plus difficile de décrocher, en particulier au moment d’aller se coucher, surtout que la lumière bleue affecte le sommeil. « Le sommeil est essentiel pour la santé mentale », rappelle Mme Boucher. En l’affectant, les écrans peuvent ainsi créer un cercle vicieux.

Avec la pandémie, il y a eu aussi une baisse importante des activités sportives. Pourtant, celles-ci permettent de décrocher, de vivre dans le moment présent, plutôt que de se concentrer sur des soucis qui génèrent de l’anxiété. « Tous les stress que je vis, je les mets de côté », illustre Mme Boucher. En plus, le sport améliore le sommeil, rappelle-t-elle.

Quelques trucs:

• Fermer la technologie 15-20 minutes avant le coucher;

• Sortir de la maison;

• Faire du sport, des activités physiques qui nous plaisent;

• Parler à quelqu’un en qui on a confiance;

• Pratiquer la gratitude;

• Se permettre de changer d’air.

Pour plus d’outils gratuits : fondationjeunesentete.org Pour une oreille attentive : teljeunes.com / 1 800 263-2266

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