Plein air Saint-Sauveur à la recherche de bénévoles. (Photo : Nordy)
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Plein air : Saint-Sauveur fait du surplace

Par Marie-Catherine Goudreau

En février 2021, le journal Accès faisait la une avec la réserve écologique du Mont-Christie, qui devait voir le jour l’été suivant. Un an après les élections municipales, il semble que rien n’a avancé pour ce projet. Et c’est le cas pour plusieurs pôles de plein air à Saint-Sauveur.

La Ville de Saint-Sauveur avait acquis deux terrains par dons écologiques d’un total de 1,6 million de pieds carrés. Il s’agit d’un milieu humide et un lac se trouve également au centre. La création de la réserve devait permettre de préserver ce territoire naturel et d’y faire de l’interprétation.

L’enjeu du stationnement 

Pourquoi cette réserve n’a-t-elle toujours pas vu le jour en novembre 2022 ? « L’enjeu est au niveau de l’accès, du stationnement et du lieu d’accueil. C’est là qu’on a une problématique et c’est pourquoi on ne peut pas développer le projet tel qu’annoncé », explique Ève Pichette-Dufresne, directrice du Service des loisirs, de la culture et de la vie communautaire à la Ville de Saint-Sauveur.

À l’heure actuelle, la Ville est en processus d’expropriation pour un terrain et en négociations pour un autre, afin d’y construire un stationnement, rapporte le maire, Jacques Gariépy.

S’il restait des enjeux à régler, pourquoi la Ville a-t-elle annoncé que la réserve allait être accessible dès l’été 2021 ? « Je ne sais pas, mais c’était prématuré », affirme le nouveau directeur général, Jean-Philippe Gadbois.

« Il y avait des étapes à suivre et la réserve est toujours dans notre plan d’action pour l’environnement », rassure M. Gariépy. La Ville a déjà commencé à travailler des sentiers et des voies piétonnes, explique-t-il.  « Le projet n’est pas mort, il est toujours vivant. Et c’est encore dans les projets de la Ville, à court et moyen terme. » Aussitôt que la question du stationnement sera réglée, la Ville va aller de l’avant, souligne M. Gariépy.

De plus, comme il s’agit de milieux humides, des passerelles doivent être installées pour que les gens ne les piétinent pas. Selon Luc Martel, conseiller municipal et chef par intérim du Parti Sauverois, ces passerelles « coûtent terriblement cher ». « Il faut être capable de les construire, mais de les entretenir aussi. Un réseau de passerelles, c’est fantastique, mais ça coûte une fortune », souligne-t-il.

Les prix ont en effet beaucoup augmenté pour les passerelles, affirme le maire. Et il faudra réévaluer les coûts chaque année pour déterminer si le conseil poursuit avec le projet ou s’il prend une autre voie que les plateformes.

Négocier avec les propriétaires

Un autre des défis auxquels la Ville se bute est les sentiers qui passent sur les propriétés privées, comme dans le cas du pôle du mont Habitant et de la Marquise.

« Il est possible que les gens aient l’impression que ça stagne, mais ce n’est pas nécessairement ça. La majorité des sentiers se sont développés sur des propriétés privées avec le temps », explique M. Gadbois.

« On est en train de prendre un pas de recul parce qu’il faut reprendre tout ça du début, s’asseoir avec les propriétaires et regarder quelles sont leurs positions. Il faut reprendre dossier par dossier, projet par projet, puis établir un plan d’action », souligne le directeur général.

Un chargé de projets a été engagé par la Ville en juin dans l’objectif de « consolider le réseau de sentiers ». Avant celui-ci, c’était le directeur général qui était responsable des dossiers de plein air. « Notre chargé de projets s’active à communiquer avec les propriétaires pour essayer de débroussailler les dossiers. Il y a du gros travail à faire en amont avant de mettre des pancartes pour ouvrir les nouveaux sentiers. On est tous dans ce contexte-là », explique M. Gadbois.

Une rencontre est d’ailleurs prévue entre les élus et le chargé de projet, qui présentera le plan directeur. « Avant de développer les réseaux, il faut savoir lesquels on priorise et lesquels sont plus rentables pour la Ville », affirme Luc Martel.

« Personnellement, je ne connaissais pas le monde municipal. Je m’attendais à plus vite, mais c’est toujours plus long. Je m’adapte à la vitesse municipale, mais on aurait tous aimé que ça aille plus vite », soutient M. Martel.

Les autres pôles

Les sentiers du pôle Volpi Walker, un terrain de plus de trois millions de pieds carrés situé près du lac des Becs-Scie, devaient également être accessibles au public l’été dernier. Le projet a été pris en charge par la Municipalité de Mille-Isles en collaboration avec la Ville, souligne M. Gariépy.

Selon le directeur général, le Plan directeur des parcs, sentiers et espaces verts, qui devrait être élaboré l’an prochain, « devrait permettre de déterminer plus précisément les suites à donner à ce secteur du territoire et à la place des sentiers sur celui-ci ».

Dans le cas du Cap Molson, c’est encore le stationnement qui ralentit le processus. L’espace de stationnement va aussi servir à l’école, où la construction s’amorce présentement. Il reste à baliser et sécuriser les sentiers qui sont déjà existants et utilisés.

« Il reste à prendre des décisions et orienter le projet pour le mettre à notre main. Dès le printemps, on souhaite offrir quelque chose de sécuritaire », explique Ève Pichette-Dufresne. Le conseil se penchera d’ailleurs prochainement sur le budget pour 2023. « Ils auront des choix à faire », souligne M. Gadbois.

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