Les proches aidants au cœur d’un nouveau plan de 393 M$ annoncé à Saint-Sauveur
Par Jean-Simon Guay
Le gouvernement du Québec investira 393,4 millions de dollars au cours des cinq prochaines années afin de mieux soutenir les personnes proches aidantes, a annoncé jeudi à Saint-Sauveur la ministre de la Santé et ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Sonia Bélanger.
Présenté dans les locaux de L’Antr’Aidant, l’organisme régional de soutien aux personnes proches aidantes, le nouveau Plan d’action gouvernemental 2026-2031 prévoit notamment davantage de services de répit, de soutien psychosocial, de formation et d’accompagnement partout au Québec.
« 96 % du financement ira directement dans les services », a souligné la ministre en entrevue avec Accès.
Concrètement, Mme Bélanger affirme que ces investissements permettront d’offrir davantage de répit à domicile, de places dans les centres de jour et de ressources pour permettre aux proches aidants de souffler quelques heures, quelques jours, voire quelques semaines.
« On veut s’assurer que les personnes proches aidantes puissent prendre soin d’elles-mêmes aussi. Quand on est proche aidant, on manque souvent de temps pour soi », a-t-elle expliqué.
Le répit, un besoin qui revient sans cesse
Sur le terrain, le besoin de répit est revenu dans pratiquement tous les témoignages recueillis lors de l’événement.
Suzanne, proche aidante de sa conjointe, espère que les nouvelles mesures allégeront un quotidien devenu exigeant.
« J’apprends à vivre avec quelqu’un qui devient une autre personne, je choisis de vivre avec cette personne-là avec sa maladie d’Alzheimer, mais ça demande énormément d’adaptation », confie-t-elle.
Même constat du côté de Danielle Landry, directrice générale de la Maison des parents d’enfants handicapés des Laurentides (LMDP).
Selon elle, plusieurs parents accompagnent leur enfant pendant toute leur vie adulte et finissent eux-mêmes par vieillir sans toujours savoir ce qu’il adviendra de leur proche lorsqu’ils ne seront plus en mesure de s’en occuper.
« Les parents sont souvent en mode combat toute leur vie. À un moment donné, c’est lourd », résume-t-elle.

Les organismes accueillent favorablement l’annonce
Sonia Bélanger accompagnée de représentants du milieu communautaire
Les représentants du milieu communautaire ont accueilli favorablement le nouveau plan d’action.
Lauriane Estienne, directrice générale de Proche aidance Québec, estime que le gouvernement envoie un signal positif en reconnaissant l’importance du travail accompli quotidiennement par les personnes proches aidantes et les organismes qui les soutiennent.
« Les personnes proches aidantes jouent un rôle majeur pour préserver la qualité de vie de celles et ceux qu’elles accompagnent et contribuent concrètement à réduire la pression sur le réseau de la santé », a-t-elle souligné.
Même son de cloche du côté de Guillaume Joseph, directeur général de L’Appui pour les proches aidants.
Selon lui, le financement permettra surtout de consolider et d’intensifier les services déjà offerts.
« Rejoindre plus de monde, c’est une chose. Mais il faut aussi être capable d’offrir suffisamment de répit pour faire une réelle différence dans leur quotidien », a-t-il indiqué.
René Cloutier, directeur général de CAP santé mentale, voit également dans ce plan une occasion de mieux rejoindre certaines clientèles encore peu visibles, notamment les jeunes proches aidants.
Une réalité bien présente dans les Laurentides
L’annonce a également permis à plusieurs proches aidants de témoigner de situations difficiles.
Michel Saint-Pierre, de Rivière-Rouge, accompagne depuis des années son fils devenu lourdement handicapé à la suite d’un grave accident de la route survenu à l’âge de 18 ans.
Aujourd’hui âgé de 44 ans, son fils occupe depuis trois mois un lit à l’hôpital de Saint-Agathe-des-Monts faute de ressource adaptée pour l’accueillir.
« Nous, on est rendus à la limite. On ne sait plus quoi faire », confie-t-il.
Pour lui, comme pour plusieurs autres personnes présentes, l’annonce gouvernementale représente un pas dans la bonne direction, mais plusieurs défis demeurent.
Un investissement qui s’ajoute aux mesures existantes
La ministre Sonia Bélanger insiste sur le fait que les 393,4 millions de dollars annoncés s’ajoutent aux sommes déjà consacrées à la proche aidance.
Elle défend que le nouveau plan s’inscrit dans une série de mesures mises en place au cours des dernières années, notamment la Politique nationale de soutien à domicile et diverses initiatives visant à mieux reconnaître le rôle des personnes proches aidantes.
« Les proches aidants sont essentiels. Ils prennent soin des autres chaque jour. Notre responsabilité, c’est de prendre soin d’eux aussi », a conclu la ministre.