Réflexion sur les élections

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Jean Charest: «Il n’y aura pas de commission sur la construction». «Il n’y aura pas d’élections». Au siècle dernier, il aurait mangé son chapeau. Si tous les hommes et femmes politiques étaient du même bois que Pinocchio, le pied linéaire de nez ne vaudrait plus rien. Ces historiettes politiques nous feraient sourire si l’enjeu n’était pas de taille: la gouvernance de la Cité.

 

Au sens grec du terme. De ces Grecs dont on dit qu’ils sont les inventeurs de la démocratie. Oui, mais la vraie démocratie, pas celle dont ils se réclament tous ici, sans manifestement savoir ce qu’elle est réellement. Et dont Churchill disait que c’était le moins pire des systèmes, cette démocratie de bistro, fourre-tout, celle où même le plus sot essaye de faire croire que son opinion d’ignare est la plus éclairée.

 

Pour rester dans cette veine cynique, rappelons-nous cette saillie d’un vieux routier corse de la politique française, du reste marié à une québécoise, Charles Pasqua: «Les promesses n’engagent que ceux qui y croient». Ça renvoie bien les hommes politiques à ce qu’ils sont: des menteurs. Et les électeurs à ce pour quoi on les prends: des naïfs.

 

Et comme j’aime beaucoup les citations et que je dois respecter mon titre, je continue avec celle-ci, tirée de la sagesse ironique et vaguement goguenarde de nos amis british: «Plus il me parle d’honneur, plus je cache mes petites cuillères en argent». Je traduis pour ceux qui sont pressés: plus il me jure et me promet, et moins je le crois. Pourquoi regardez-vous Ducheneau que je dis ça? Je comprends. Il y a beaucoup de bons et mauvais films, et de romans de gare qui sont remplis de policiers au comportement erratique. Ceci aussi est une forme de promesse: nous faire accroire que les anciens flics sont des gens droits et feront de bons politiciens. Du grand n’importe quoi, comme prétendre que les gens riches feront de bons politiciens, car ils ne seront pas sensibles à la corruption, alors que c’est justement le contraire. Mais on les attend tous au virage: «Si tu grimpes au mât de cocagne, assure-toi d’avoir les cuisses propres».

«On a les élus qu’on mérite» disait l’autre. J’aimerais savoir ce que l’on a fait de mal pour mériter une trempe pareille! Cette brochette de gens au sourire carnassier qui promettent, promettent à en perdre toute dignité, celui qui ira le mieux dans le sens du poil. Et qui de temps à autre, s’envoient des coups sous la ceinture: «Comment pourra-t-il prétendre être ministre de la santé quand manifestement la sienne est pourrie!». Un médecin de famille pour tout le monde, et plus d’attente dans les hôpitaux.

Encore une expression surannée d’un ami corse: «Si tu dis ça à un cheval en bois, il te mord!». Une manière foraine et colorée de dire que tu es un vilain menteur. Décidément, la sagesse millénaire et populaire tourne les images beaucoup mieux que ce que l’on fera jamais. Et surtout, elle nous montre bien que les choses sont les mêmes depuis longtemps, très longtemps.

 

 

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