Rendez-nous l’hiver!

Rendez-nous l’hiver!
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Une petite farinade le 24 décembre, plus de neige le 15 mars. Moins de deux mois et demi de neige. Franchement quoique je ne sois pas un vieux de la vieille, avouons que nous n’avions jamais vu ça.

 

Doit-on en être satisfaits, de ranger les bottes, et de ne plus patauger dans la sloche? Je crois que devant cet avantage immédiat, il y a une évidence bien plus douloureuse que de se salir les bas du pantalon. Tous ceux qui veulent nous faire croire que le climat ne change pas sont des sots. Remarquez qu’il y en a de moins en moins, les seuls qui se cramponnent à cette croyance sont nos gouvernants, qui veulent nous faire reconnaître avec eux qu’ils ont pris la bonne décision en se retirant de Kyoto. Faut-il avoir une morgue incroyable pour aller justifier que Kyoto n’allait pas assez vite, pour s’extraire outrés de cet immobilisme international. Le gouvernement de M. Harper nous prend vraiment pour des billes, et voir le Ministre Steven Blaney nous expliquer qu’en fait le Gouvernement Fédéral était beaucoup plus environnementaliste que le reste de la planète était pathétique. On se disait en écoutant son plaidoyer désespéré que soit il n’y croyait pas, et il acceptait de mentir, soit il était convaincu et c’était alors complètement idiot. Je pencherai pour la première attitude, et voir ce pauvre type se débattre avec un argumentaire fallacieux me remplissait de dégoût. Savoir qu’au bout du compte, encore une fois on allait opposer les emplois et les investissements à la lutte pour un environnement décent indique bien que l’humanité est tenue d’une main de fer par ceux qui adorent le statu quo et les dollars qu’il déverse dans notre économie. Alors que l’humanité a souvent cherché et trouvé des moyens de parer l’imparable. Toute cette intelligence (je ne parle pas des gouvernants…), toute cette technologie pétrifiée dans un seul but, maintenir les rendements sur une économie pétrolifère délétère et assassine. Tout ça pour défendre l’indéfendable, l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta, qui dévaste des régions énormes, et a évidemment un impact lourd sur le climat.

 

Alors, évidemment, mettre en relation notre hiver raccourci avec cette question de l’Alberta paraîtra acrobatique, mais s’il existe un lien, aussi ténu soit-il, il faut l’exploiter. Et dire que ne pas encadrer cette production ultra-polluante est une démarche à courte vue, à croire que les Blaney, Harper et autres n’ont pas d’enfants ou de petits-enfants. Imaginons un instant que les mesures de Kyoto, si elles étaient fermement et universellement appliquées, mettraient plus d’une génération avant d’avoir des effets perceptibles sur le climat. Renâcler, atermoyer, va faire sauter encore une génération. Les petits enfants de ces types qui nous gouvernent devront savoir ce qu’ils devront à leur ancêtres. Et ils parleront avec leurs amis chinois, qui seront peut-être leurs patrons, et qui leur expliqueront ceci:  «Au temps où nous nous sommes aperçus que l’homme était responsable du changement climatique, des pays exemplaires comme le vôtre, le Canada, ont refusé de se soumettre à un consensus international. Dès lors, pourquoi auriez vous souhaité que nous, Chinois ou Indiens, nous exécutions des mesures que vous ne vouliez pas vous imposer à vous-mêmes? Faire ce que vous nous disiez de faire et pas ce que vous faisiez? Allons bon!»

 

Les experts savent que l’Inde et la Chine vont être les tombeurs du climat de la planète. À la fois pour des questions industrielles mais aussi de comportement. Comment, dès lors, leur demander de faire les efforts que nous refusons nous-mêmes, occidentaux, de faire? Messieurs les conservateurs, le syndicat fédéral des ours polaires vous remercie de votre considération. Et nous, nous échappons joyeusement mais momentanément à la sloche.

 

 

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