Shakés par Morissette, vraiment?

Shakés par Morissette, vraiment?
Journal Accès
Actualité

Deux gars pour une fille

Christian Genest – Jusqu’ici tout allait bien. Certains se sont selfiés au chalet ou bien ont bootleggé un 15 secondes des Stones pour montrer à la planète Facebook que leur vie, à eux, est parfaite.

Dernièrement, il semble que plusieurs se soient étouffés avec leur popcorn en regardant le film Le Mirage. Je dis plusieurs, parce que la dernière réalisation de Trogi fait un carton au box-office, à donner chaud aux blockbusters américains en terre québécoise. Et c’est tant mieux, hein M. Guzzo?

Je vous rassure, je ne jouerai pas les critiques ici-bas. Cependant, j’ai encore je vous entends là des questions. De façon générale, je préfère l’art de poser des questions à celui de trouver des réponses. En revue générale, vous trouvez que le scénario se tapit dans l’ombre de vos gestes? Au fait, vous mesurez quoi? Sourires, appréciations, cash, popularité, amis?

Combien de pouces de liberté êtes-vous prêt à laisser aller pour cette grosse « tivi »?

Votre vie est-elle aussi à vendre, tant qu’à y être?

Le genre d’interrogations qui s’entrechoquent dans votre tête suite à cette trame, j’imagine.

Et puis quoi après? Rien ne va changer?

 

Les vacances terminées, vous allez ranger votre bonheur dans votre valise?

Attendez un peu.

Fouillez à l’intérieur. Je ne parle pas de trouver votre chapeau de paille ni votre manchon à bière en néoprène.

Vous avez senti quoi durant ces journées pleinement méritées?

Abandon, calme, désir, extase, énervement, légèreté, satisfaction, surprise.

Good!

Qu’est-ce qui vous a laissé cette impression d’être enfin si vivant?

Vous baigner dans le lac trop froid. Vous coucher à 4 h du mat. Fredonner aux enfants une chanson à répondre dans l’auto. Y’a juste des bonnes réponses!

Vous n’allez pas enfouir ça aussi dans votre garde-robe de cèdre jusqu’à l’été prochain en vous disant que vous avez des responsabilités?

Brel, je l’adore celui-là qui disait : « Pour un peu de tendresse, je t’offrirais le temps qu’il reste de jeunesse à l’été finissant ».

Vous avez ri, souri, aimé, partagé, rêvé? Copiez-collez au quotidien, merde.

Parce que c’est ça. Exactement ça. Même du cubicule de votre bureau, n’enfouissez pas ça là. Cessez de confondre besoins et envies. Ne mettez pas le doigt dans l’engrenage du quotidien en oubliant ce qui fait battre votre cœur.

Je ne sais pas vous, mais c’est ce qui me tient en vie, ces émotions.

Je conviens qu’il est certainement beaucoup plus facile d’acheter ce que le voisin gonflable a aussi acheté, plus commun du moins. Mais c’est la peur qui vous paralyse?

 

Je suis fasciné de voir avec quelle facilité on peut oublier, faire abstraction… En échange, on peut ouvrir les yeux sur un banc du Cineplex aussi rapidement.

Si vous ruminez encore votre mirage, notez que Trogi a judicieusement placé Radiohead dans la satire de Morissette.

Déjà dans les années 90, le chanteur Thom Yorke abordait la notion de consumérisme en ajoutant des cordes sur un fond électro-rock souvent un peu sombre.

Ploguez-vous The Bends dans les oreilles, et essayez ma préférée : « High and dry », planant.

Ensuite?

Respirez!

Plongez!

Cliquez pour ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

[+] Plus dans Actualité

X