(Photo : Photo Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
École de La Montagne et le terrain de la MRC à l’arrière au pied du Cap Molson.

660 enfants, un chantier abandonné

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Le projet de siège social de la MRC des Pays-d’en-Haut au pied du cap Molson est abandonné. Une décision adoptée par le conseil des maires le 10 mars, dans un contexte où les préoccupations citoyennes et les contraintes logistiques du site avaient alimenté le débat.

Un terrain, une école, un malaise

Image préliminaires du projet de siège social de la MRC des Pays-d’en-Haut au pied du Cap Molson

Le projet paraissait raisonnable en juin 2023 : regrouper les bureaux dispersés de la MRC des Pays-d’en-Haut dans un nouveau siège social, sur un terrain adjacent à la future école primaire de La Montagne, près du cap Molson à Saint-Sauveur. Deux ans plus tard, l’école accueille 660 élèves et le projet suscitait des inquiétudes dans le secteur. Une pétition citoyenne a circulé dans les dernières semaines, alors que le conseil des maires poursuivait déjà sa réflexion sur l’avenir du chantier.

La résolution

Lors de la séance du 10 mars, le conseil de la MRC a adopté à l’unanimité une résolution mettant fin au projet de construction au 11, rue Principale. La résolution évoque plusieurs contraintes logistiques, opérationnelles et financières associées au site. Elle mandate également la préfète Catherine Hamé et la direction générale pour informer la Ville de Saint-Sauveur, poursuivre les discussions concernant la disposition du terrain et entreprendre les démarches pour préserver la subvention gouvernementale liée au projet.

Selon la préfète, la réflexion sur l’avenir du projet était déjà amorcée au sein des instances de la MRC. « La recommandation du comité partenaire infrastructures et finances datait du 17 février. On savait déjà que cette décision s’en venait », indique-t-elle.

École de la Montagne

Un débat alimenté par la sécurité et la circulation

Dans les semaines précédant la décision, l’ancien directeur général de la MRC Philippe Leclerc avait lancé une pétition demandant de revoir l’emplacement du projet. Il évoquait la proximité de l’école et l’intensité des activités prévues dans le bâtiment. « On parle d’un bâtiment extrêmement actif, avec des employés, des fournisseurs, des citoyens. La sécurité devrait être le premier filtre », soutenait-il.

Selon lui, la circulation et la sécurité autour de l’école devaient être évaluées plus rigoureusement avant toute construction. Quelques heures avant le vote, la préfète Catherine Hamé relativisait toutefois ces inquiétudes. « On parle d’environ 40 voitures de plus. La circulation, ça s’évalue par des études d’ingénierie, pas par des opinions », affirmait-elle.

Elle souligne également que les discussions entre la MRC et différents partenaires existaient déjà concernant l’intégration du projet dans ce secteur.

Retour à la planche à dessin

Avec l’abandon du site du 11, rue Principale, la MRC affirme vouloir reprendre le dossier à zéro. Le conseil des maires souhaite toutefois conserver la subvention provinciale associée au projet de siège social. « L’intention du conseil est claire : préserver la subvention et trouver une solution qui corresponde mieux au contexte actuel », explique Catherine Hamé.

Selon elle, le contexte économique et politique a changé depuis le lancement du projet. L’inflation, les contraintes budgétaires et les nouvelles normes du Code du bâtiment ont aussi pesé dans l’analyse.

De nouveaux scénarios devront donc être étudiés dans les prochains mois.

6 commentaires

  1. Bonjour

    Effectivement pas une bonne idée.. Déja que les enfants n’ont pas une cour digne de ce nom et que dire du trafic. Pourquoi ne pas faire la MRC a Piedmont ? Il y a surement un endroit approprié pour s’y installer. Il y a un terrain vide ou il y avait un vieux motel pourquoi pas la et il pourrait y avoir une lumière pour y controler la vitesse

  2. Dommage pour le projet de la MRC. Pour la circulation, faut juste être la pour voir qu’il y a déjà trop de circulation. La ville de Saint-Sauveur a une opportunité en or pour faire non seulement une magnifique cour d’école mais aussi un parc multifonctionnel accessible aux citoyens le soir, l’été et les fin de semaines quand les étudiants sont absents. En plus d’un sentier d’hébertisme et bientôt accès aux sentiers du Cap. La sante de nos enfants passe par le plein air, bien bouger c’est essentiel. Bâtissons et ils viendront 🙂

  3. Je suis tout à fait d’accord avec cette décision du Conseil des Maires de la MRC des PDH de ne pas aller de l’avant avec ce projet car d’avoir persisté à vouloir le réaliser aurait été de la démence pure et simple au vu de la situation actuelle, avec tous les problèmes anticipés. Merci à l’équipe pour ce vote !
    Également un sincère merci à Philippe Leclerc pour sa prévoyance en lançant sa pétition !

  4. Merci à Monsieur Leclerc et aux citoyens. Une autre décision devra suivre à savoir si la Ville de St Sauveur va décider de vendre et permettre la construction d’immeubles. Donc, espérant que la vision pour la protection de l’environnement sera celle qui soutiendra la décision des élus. Un terrain qui vaut plus de 800, 000$ , que nous avons déjà payé comme payeurs de taxes . Donc, il serait logique que l’argent ne soit pas l’incitatif pour prendre décision.

  5. Il y a un beau terrain vacant à Sainte-Adèle où est situé l’ancien Nickel’s. Ne serait-ce t’il pas un emplacement de choix?

    Pas d’école, pas de cours d’eau à proximité et facile d’accès! Tous les services et autobus à la porte!

    Une idée comme ça…

  6. La question de fond demeure: pourquoi la MRC a-t-elle besoin de déménager de son site actuel? Et quelles études appuient cette insistance à se doter de plus d’espaces de bureaux en cette ère de télétravail et de technologies plus productives pour servir la population? En campagne électorale ni jusqu’à ce jour, de telles études n’ont été partagées avec les payeurs, nous. On me dit qu’elles n’existent tout simplement pas. Partant, on parle dans le vide. Mais si, au final, il s’avérait prouvé que le siège actuel rue Valiquette n’est pas adéquat pour les besoins futurs de la MRC, les bonnes pratiques en gouvernance publique pointent vers la conversion d’immeubles existants plutôt que vers une construction flambant neuve. À prix même égal, on participe alors à densifier des espaces urbains plutôt que de s’etaler, comme le fait trop aisément le privé, sur de beaux espaces verts.

    Mes félicitations vont d’abord à l’administration locale du maire Luc Martel qui s’est tenu debout depuis les débuts face à une préfète obstinée; puis au citoyen Philippe Leclerc dont, incidemment, la voix indépendante et critique nous manque dans les pages de ce journal; et enfin, aux dix maires et maîtresses formant le conseil de la MRC qui ont révisé la décision mal éclairée de leurs prédécesseurs. Il leur reste à aller jusqu’au bout de cette logique en exigeant une analyse profonde et scientifique des lieux actuels et des besoins futurs avant de discuter d’un autre site ou de la couleur des murs!

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