(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Le petit condo de Marie-Claude suffit à ses besoins, mais vivre seule coute cher.

Logements : seule avec son hypothèque

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Marie-Claude a réussi à acheter un petit condo dans les Laurentides. Mais même avec un emploi stable, un budget serré et beaucoup de débrouillardise, habiter seule demeure un équilibre fragile.

Marie-Claude aime son petit chez-soi. Elle en parle avec fierté, mais aussi avec lucidité. « Ici, je suis bien. C’est juste que ça dépasse mon budget », résume-t-elle.

Depuis le début de l’année 2025, elle habite dans un condo qu’elle a acheté quelques mois plus tôt. Avant d’y poser ses boîtes, elle l’a presque reconstruit avec son frère. Les fins de semaine étaient consacrées aux murs, aux planchers et aux choix de matériaux. Les soirs de semaine, elle magasinait ce qu’il fallait. « C’était vraiment le fun, puis c’est quand même valorisant », raconte-t-elle. « Il faut être débrouillard. »

Repartir à zéro

Son parcours résidentiel n’a pourtant rien eu de linéaire. Après une séparation, Marie-Claude a habité dans un petit logement, puis chez sa tante et son oncle. Ensuite, elle a tenté la colocation. « Depuis mars 2022, je suis un peu dans mon baluchon », dit-elle. « Ça n’a pas été facile. »

Tout calculer

Marie-Claude a acheté son condo 122 000 $. Elle a ensuite emprunté un peu plus pour faire les rénovations. Pour la mise de fonds, elle a pu compter sur ses parents.

« Moi, je suis choyée parce que j’ai beaucoup de gens autour de moi », reconnaît-elle. « Mais quelqu’un de tout seul, qui n’a personne, je ne sais pas comment il ou elle fait. »

Aujourd’hui, son budget dépasse sa capacité de payer. L’hypothèque, les frais de condo, l’auto, l’épicerie et les imprévus prennent beaucoup de place. Elle travaille maintenant quatre jours par semaine, par souci d’équilibre. « Cinq jours, je ne suis pas capable. C’est trop », confie-t-elle. « L’équilibre qu’elle a trouvé, c’est deux jours, un break, deux jours. »

Cependant, une journée de moins veut aussi dire un revenu plus bas. Elle coupe donc où elle peut. Pas d’Internet à la maison. Pas de grandes sorties. Pas de voyages. Son luxe, dit-elle, c’est un abonnement musical à 15 $ par mois.

Le prix d’être seule

Marie-Claude ne se décrit pas comme malheureuse. Elle cuisine, elle bricole, elle parle à ses voisins. Son chien lui fait du bien. Mais la pression financière demeure constante. « Si j’étais deux, ça irait vraiment bien », dit-elle. « Mais deux dans ce petit appartement, ce serait difficile. »

Elle réfléchit donc à d’autres façons d’habiter. Une colocation choisie. Une petite maison. Un projet partagé. Quelque chose qui permettrait de réduire les coûts sans perdre son intimité. « Je pense qu’il faut penser autrement », dit-elle. « La solution, c’est peut-être de se mettre ensemble pour faire des choses. »

Un toit, une sécurité

Ce qu’elle souhaite, au fond, c’est que les gens comprennent que la précarité ne touche pas seulement les personnes sans emploi. « J’ai une bonne job, puis j’ai de la misère », résume-t-elle. « Quand je pense à ceux qui sont moins choyés, qui ont des enfants, je ne sais pas comment ils font. »

Pour elle, le logement reste un pilier. Sans toit stable, tout vacille. « La sécurité, c’est une des choses les plus importantes », dit Marie-Claude. « Un toit, c’est la sécurité. C’est un pilier de base. »

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