(Photo : gracieuseté - Andy Phillipson)
Play Dead, une création où le banal bascule dans un univers physique, drôle et inquiétant. 

Festival des Arts de Saint-Sauveur : Wolf montre les crocs sous le chapiteau

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Avec Wolf, la compagnie australienne Circa transforme dix acrobates en une meute féroce, portée par les pulsations de la musique et par une confiance absolue.

Des corps s’agrippent, bondissent, chutent et s’élèvent. Sous le chapiteau du Festival des Arts de Saint-Sauveur, Wolf  promet un cirque contemporain où l’instinct prend momentanément le dessus sur la raison.

Présentée les 30 et 31 juillet, cette création de la compagnie australienne Circa réunit dix acrobates. Mise en scène par Yaron Lifschitz, elle puise dans la figure du loup pour explorer la part indomptée de l’être humain. « Pendant le processus de création à Brisbane, nous avons cherché ce que représentait notre “loup intérieur” », explique Christina Zanuer, acrobate et codirectrice artistique associée de Circa.

De l’humain à l’animal

Pour construire cette métaphore, l’ensemble a étudié la transformation du corps humain vers une présence plus animale. Les mouvements devaient notamment évoquer la force, l’instinct et la sauvagerie. « Nous avons exploré les qualités animales et brutes que nous portons toutes et tous en nous », raconte Christina Zanuer. Cette recherche s’est faite individuellement, mais aussi collectivement, « comme une meute ».

Ainsi, les prouesses ne sont pas simplement ajoutées à une trame dramatique. Elles en découlent directement. « Ce n’était pas une question de créer les acrobaties, puis de les intégrer au spectacle », précise l’artiste. « La signification émotionnelle a plutôt façonné les acrobaties elles-mêmes. »

Chaque scène est donc issue d’une recherche particulière. De plus, les interprètes conservent leur personnage de loup pendant toute la représentation.

La confiance avant le saut

Derrière l’apparente sauvagerie se trouve toutefois une mécanique extrêmement précise. Les portées, les sauts et les équilibres collectifs exigent des heures de répétition.

Surtout, ils reposent sur une confiance presque instinctive. « Dans le cirque, la confiance est la base de tout le reste », affirme Christina Zanuer. « Nous croyons que chaque personne fera de son mieux, respectera son rôle et accomplira exactement ce qu’elle doit faire. »

Cette interdépendance devient visible dans Wolf. Selon l’acrobate, la respiration, le rythme et les mouvements communs font réellement apparaître la meute sur scène.

Le spectacle se distingue d’ailleurs des créations précédentes de Circa par sa physicalité plus brute. L’univers y serait également « plus confrontant et indompté ».

Les rythmes puissants du compositeur et DJ Ori Lichtik accentuent cette impression. Ils guident les mouvements et donnent à l’œuvre une énergie presque hypnotique. La création de Wolf  a eu lieu à Berlin en août 2024.

Au souffle de la meute

La proximité entre le public et la scène devrait également jouer un rôle central à Saint-Sauveur. « Les gens pourront sentir le souffle, la chaleur et le risque en temps réel », estime Christina Zanuer. « La sauvagerie sur scène pourrait donner l’impression de déborder dans la salle à tout moment. »

D’ailleurs, les pulsations musicales pourraient donner envie de bouger avec les acrobates. Puis, au terme de cette rencontre avec la meute, une question pourrait subsister. « Certaines personnes commenceront peut-être à se demander: quel est mon loup intérieur? »

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