(Photo : Archives - Médialo)
L'hôtel de ville de Saint-Adolphe-D'Howard.

Le maire de Saint-Adolphe-d’Howard reconnaît des erreurs, une conseillère admet en avoir « trop fait »

Par Jean-Simon Guay

La Municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard dit avoir déjà amorcé plusieurs correctifs à la suite du rapport de la Commission municipale du Québec (CMQ), qui conclut à des contraventions au Code municipal et à un cas grave de mauvaise gestion au sein de l’organisation municipale.

Déposé plus tôt ce mois-ci, le rapport d’enquête fait état d’interventions répétées d’une conseillère municipale dans des tâches relevant normalement de l’administration, notamment dans les secteurs des loisirs et du nautique. La Commission conclut également que la direction générale et le maire étaient au fait de certaines de ces interventions et n’ont pas suffisamment encadré la situation.

Le maire Alexendre Sarrazin affirme accepter les conclusions du rapport. « Je ne peux contredire les faits présentés. Même si chaque décision s’inscrit dans un contexte particulier, je reconnais que certaines démarches ont largement dépassé les fonctions d’un conseiller. Je retiens les recommandations et des mesures correctives ont déjà été entreprises », a-t-il déclaré.

Selon lui, les événements se sont produits dans un contexte marqué par une importante pénurie de personnel. « Mon objectif était d’abord de protéger les citoyens contre un bris de service. Pour y parvenir, j’ai autorisé un membre qualifié du conseil à agir. Si la situation se présentait à nouveau aujourd’hui, je gérerais cette situation différemment pour éviter toute confusion », a-t-il ajouté.

Le maire reconnaît également avoir commis une erreur de jugement. « En voulant maintenir l’efficacité à tout prix, j’ai permis que les frontières entre les rôles politiques et administratifs deviennent floues. C’est une erreur de méthode que je reconnais pleinement aujourd’hui. »

Des correctifs déjà amorcés

Lors de la séance du conseil municipal du 19 juin, M. Sarrazin a présenté publiquement les principales recommandations formulées par la CMQ.

La Municipalité affirme avoir déjà entrepris une révision du fonctionnement de ses comités, une clarification des communications entre élus et employés municipaux ainsi qu’un accompagnement auprès du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation afin de s’assurer que les pratiques respectent les exigences du Code municipal. « Nous tirons de riches enseignements de ce rapport et les correctifs requis sont déjà en place pour encadrer nos pratiques », soutient le maire.

Nicole Tétreault présente ses excuses

Identifiée dans les vérifications effectuées par le Journal Accès comme la conseillère responsable des dossiers loisirs et nautique au moment des événements, Nicole Tétreault reconnaît aujourd’hui être allée trop loin dans son implication. « Oui, j’en ai trop fait et je m’en excuse », a-t-elle dit.

Mme Tétreault affirme toutefois avoir agi dans le but d’aider les citoyens alors que la Municipalité faisait face à un manque de personnel. « J’ai fait ça avec mon cœur pour aider les citoyens dans un contexte de pénurie d’employés. »

L’élue rejette par ailleurs toute allégation de malversation. « Je n’ai rien volé, je n’ai rien magouillé. J’ai travaillé sur des dossiers majoritairement en comité », a-t-elle indiqué.

Elle souligne également son engagement de longue date dans le milieu communautaire, rappelant notamment son implication dans la fondation de la Halte jeunesse Les Petits Dolphins, de la Maison des jeunes Loco local, de Ressources communautaires et du skatepark de Saint-Adolphe-d’Howard.

Réactions partagées

La présentation du rapport a suscité plusieurs interventions citoyennes lors de la dernière séance du conseil. Une résidente a notamment reproché l’absence d’excuses adressées aux employés municipaux et a estimé que la conseillère visée ne devrait plus siéger à des comités municipaux tant que la situation ne serait pas corrigée.

À l’inverse, une ancienne conseillère municipale a rappelé la complexité du rôle d’élu et l’importance pour les nouveaux membres du conseil de s’appuyer sur la direction générale afin d’éviter ce type de situation.

Sollicité par Accès, le directeur général Réal Brassard a indiqué qu’il ne commenterait pas le rapport de la (CMQ).

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


The reCAPTCHA verification period has expired. Please reload the page.