Photo Émile David

Pêchons intelligemment et stratégiquement 

Par Collaboration spéciale

Par Michel Therrien

Donner du poisson à quelqu’un, c’est bien. Mais lui apprendre à pêcher, c’est mieux! Dans une version évolutive de ce proverbe, j’ajouterais : et pourquoi pas lui apprendre à pêcher de façon stratégique.

Les besoins des poissons s’articulent autour de trois principes fondamentaux de survie. Dans un premier temps, ils recherchent la meilleure oxygénation possible selon leur spécificité biologique. Puis, pour survivre, ils doivent se nourrir et se cacher afin d’échapper aux plus gros qu’eux. Un pêcheur digne de ce nom doit toujours réfléchir en tenant compte de ces aspects.

Il doit aussi comprendre les types d’habitats qui distinguent le plan d’eau concerné. À titre d’exemple, l’omble de fontaine (truite mouchetée) préfère une eau bien oxygénée se situant entre 10 à 15 °C. Elle se tient donc dans la couche dite de thermocline, soit une zone de transition sous-marine impliquant une chute de température. En contrepartie, le brochet, l’achigan et même la truite arc-en-ciel affichent une meilleure capacité d’adaptation à des eaux plus chaudes. Ces espèces se capturent donc davantage en surface. La température de l’eau est un facteur à considérer et les gens habitués à se baigner dans le même lac savent reconnaître la présence de « veines » d’eaux plus fraîches à des endroits spécifiques. Alors, imaginez-vous comment les poissons sensibles le savent eux!

À ce sujet, il importe de considérer la présence d’un ruisseau tributaire se déversant dans un lac. Sa présence à un endroit spécifique du lac influencera souvent favorablement la température et l’oxygénation de l’eau. En outre, les ruisseaux transportent de la nourriture comme des insectes ainsi que des petits poissons qui se déplacent du ruisseau au lac. Les fonds rocheux, les pourtours d’herbiers, les îles ainsi que les pointes représentent des habitats vedettes à considérer. Si ça mord à ces endroits et que vous n’avez pas de sonars, prenez simplement des repères à partir de la berge.

Quand j’étais plus jeune, je pêchais régulièrement le grand lac Nominingue ainsi que dans la rivière Rouge dans les Laurentides. Pour reconnaître mes « spots » vedettes, je me référais à des arbres ou des roches spécifiques, et même à des chalets situés sur les berges. J’avais souvent de belles surprises en explorant silencieusement en canot les pourtours de petites îles.

Connaître les leurres vedettes

Il existe dorénavant des milliers de leurres, mais si j’étais limité à seulement trois choix de leurres, j’aurais mes coups de cœur! J’opterais en premier lieu pour un poisson nageur élancé de type plongeant et de couleur vive. Le poisson nageur est fréquemment associé à la pêche au doré et au brochet. Je capture toutefois des salmonidés exceptionnels, dont de grosses truites mouchetées et arc-en-ciel avec les modèles d’imitations de petites truites, de perchaudes et de cyprinidés. J’affectionne particulièrement les modèles de moyenne plongée, qui attirent les poissons se trouvant entre 10 à 30 pieds de profondeur. Les poissons nageurs émettent des ondes dans l’eau, ce qui provoque des attaques chez plusieurs espèces de poissons.

En raison de sa polyvalence, mon second choix se tournerait vers la cuillère Dardevle, notamment celle présentant un design rouge à bande blanche. Le modèle Dardevil d’un poids équilibré (1 oz) est à retenir. J’ai du succès avec celle présentant des motifs verts invoquant une grenouille.

Les leurres de plastique que l’on insère dans une tête de jig feraient également partie de mes préférences. Mes coups de cœur sont envers les imitations de larves aquatiques de type Hellgramite ainsi que tout ce qui imite de petits poissons. Aussi, mon coffre regorge de plusieurs modèles de micro jig connus sous l’appellation Atomic Teaser. Je les surnomme même un peu affectueusement mes « anti-bredouille » à salmonidés.

Le savoir-faire et les connaissances techniques

Au-delà de la connaissance des plans d’eau et des leurres, la pêche c’est aussi et surtout une question de persévérance et de savoir-faire qui s’apprend comme la pratique du hockey. Dans l’un des cas, il faut lancer au but pour obtenir des gains tout en innovant dans ses lancers. À la pêche, il faut absolument adresser son leurre vers le poisson. Il faut aussi essayer diverses offensives pour provoquer des attaques.

Personnellement, après avoir fait un lancer, j’actionne mon leurre à une vitesse lente ou moyenne sur une distance variant de trois à six mètres. Puis, je cesse de mouliner deux secondes afin d’imiter une proie soudainement vulnérable. Je poursuis et termine ma séquence en accélérant pour imprégner une action de peur et de fuite à mon leurre et je recommence. En bref, je cherche à donner un rythme « animal » à ma présentation. Cette approche mystifie plusieurs beaux poissons autrement méfiants lorsque le leurre est platoniquement présenté devant eux. Pêcher ainsi me divertit profondément et ça mord!

La pêche génère de grandes retombées économiques dans la province et elle engendre des bienfaits psychologiques en gain d’air pur emmagasiné et de saine dopamine ressentie. Les bienfaits sensoriels de la pêche se prolongent aussi lorsque vous mettez vos poissons frais du jour au BBQ en ayant votre propre histoire à raconter.

Si vous voulez acquérir davantage d’informations techniques sur la pêche, il existe des revues et des sites comme Aventures Chasse et Pêche qui regorgent d’informations réparties par espèces. Vous en apprendrez abondamment également en visionnant les clips et les capsules vidéos de Leurre Juste ou de Raymond Vs Bass.

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