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Récit de canot-camping : immersion au cœur du territoire boréal

Par Collaboration spéciale

Par Marc-Antoine B.-Lessard

Alors que la saison estivale est lancée, j’attache mon canot Esquif sur le toit de ma voiture et quitte les Laurentides en direction nord. J’ai le sourire aux lèvres en pensant que je vais enfin réaliser mon aventure de sept jours solo en canot-camping.  

Mon départ commence devant l’immensité du lac Jean-Perré dans la réserve faunique de La Vérendrye. Le parcours que je prévois faire se nomme le circuit Kondiaronk : une boucle de 87 km comprenant 19 portages. Ce circuit, peu fréquenté, parcourt différents lacs et rivières, dont la traversée du lac Kondiaronk sur toute sa longueur. Le nom de ce lac est nommé en hommage d’un chef huron-wendat qui a marqué l’histoire de la Nouvelle-France.

Le départ

La carte de mon parcours en main, il est l’heure de monter mon campement pour la nuit et d’aller me réfugier dans ma tente pour mieux étudier mon itinéraire. Au petit matin, un soleil éblouissant réchauffe ma tente et c’est sur un lac miroir que j’effectue mon départ.

La répartition des bagages dans mon canot reste une tâche méticuleuse pour bien répartir le poids de mon baril et mon sac étanche contenant toutes mes provisions et mon équipement pour la semaine. Si le vent se lève en plein milieu du lac, il sera essentiel d’avoir de la lourdeur au-devant de mon embarcation pour happer les vagues.

La nourriture que j’apporte avec moi varie du plat déshydraté (ou lyophilisé) aux aliments périssables et non périssables que je vais me cuisiner sur place. J’aime prendre le temps d’observer les arbres et les plantes qui poussent autour de moi. Dépendamment de la période de l’année, il est possible de faire de belles trouvailles en forêt pour compléter ses repas.

Se nourrir de la forêt

Quand je pars en canot-camping au début juin, les températures plus fraîches me motivent à cueillir de jeunes pousses de sapin baumier. Le fait de faire frémir l’eau une quinzaine de minutes avec quelques pousses devient un breuvage réconfortant rempli de vitamine C. De plus, cette décoction a une action anti-inflammatoire qui devient très appréciée après de longs efforts de portage avec le canot sur la tête. En cueillette responsable, il est important de seulement cueillir quelques jeunes pousses sur des branches différentes.

Pendant toute la durée de mon aventure à découvrir de nouveaux territoires et à naviguer le fameux lac Kondiaronk, je fais quelques trouvailles d’épices boréales que j’aime bien garder par la suite dans mon garde-manger. Les feuilles de thé du labrador sont l’une d’elles. Elles sont entre autres utiles pour rafraîchir mes breuvages d’eau de source pendant les journées de canicule. Ces petites feuilles aux notes boisées peuvent aussi accompagner un poisson que je cuis sur un feu de camp avec un bâton de bois, à la poêle ou en papillote. Le permis de pêche en poche, j’apporte toujours ma canne à pêche au cas où l’envie me prend de manger un poisson frais.

Le thé du Labrador est une plante sauvage qui est un symbole de notre flore nordique à l’arôme complexe et résineux. Quoi de plus naturel que de filtrer l’eau du lac pour déguster les feuilles de cet arbuste indigène en infusion et ainsi savourer une tisane réconfortante. Assis dans le sable, j’admire un coucher de soleil chaleureux avec mon breuvage nordique. Je réfléchis aux peuples autochtones qui utilisaient toutes sortes de plantes indigènes il y a déjà plusieurs années. Aujourd’hui, l’usage du thé du Labrador est très apprécié en cuisine ainsi que pour son profil médicinal.

Retour aux racines

Les matins en solitaire sont plus qu’appréciés. Mon rituel matinal est de savourer un bon café expresso avec ma cafetière italienne. Pour me mettre de quoi sous la dent et avoir assez d’énergie pour pagayer toute la journée, j’aime me concocter un bol de granola maison à l’érable et au mélilot. J’y ajoute du beurre d’arachide, des petits fruits secs et pleins de noix croquantes. Il n’est aussi pas rare de mettre la main sur des framboises ou des bleuets frais pour accompagner mon petit déjeuner.

Alors que la boucle se termine et que je suis de retour sur le lac Jean-Perré, je finis mon aventure avec une tempête de vent et de pluie. Seul dans mon canot, je travaille fort pour avancer, mais garde espoir puisqu’à l’horizon j’aperçois l’accueil du parc.

Sept jours plus tard, je reviens avec le sourire aux lèvres et fier de moi. Et je rêve déjà de la prochaine aventure…

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